Publié le 31 Août 2011

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En route sur les pavés de Montmartre

 

Bonjour les ami(e)s

 

J'avais besoin de m'échapper,  de m'étonner, de m'illuminer, d'ouvrir à nouveau mon regard. Mon amie Hauteclaire fut tout de suite mon guide. Nous arpentions les rues dans un rythme vif, à l'affût de l'historique comme de l'insolite. Le quartier cosmopolite était tout aussi accueillant que bruyant.

 

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http://www.sacre-coeur-montmartre.com/

 

Notre quête première? Le Sacré Coeur. Mais avant d'approcher son grand corps de pierre, nous avons sautillé comme des demoiselles sur des marches interminables. Puis arrivées au sommet de Paris, une magnifique perspective sur la capitale et les alentours. Hauteclaire connaissait le moindre recoin de ce quartier magnifique.

 

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 Le Moulin de la Galette

http://www.lemoulindelagalette.fr/son-histoire/

 

 

 De petites rues montantes en rues descendantes parfois escarpées, des découvertes pour moi qui avait un peu oublié Paris-Montmartre  comme le restaurant Le Moulin de la Galette et qui nous mettaient en joie en même tant que nous échangions sur nos écritures du moment et nos publications à venir.

 

DSC00231 Au lapin agile

 

DSC00232http://www.au-lapin-agile.com/

 

Et voilà le cabaret des poètes et des chansonniers. Poésie à la criée, chansons et accordéons! Je vous dis cela sans y avoir été. La programmation a dû changer. Est-ce le slam qui est au rendez-vous ? Et pourquoi pas? Paris est un ventre d'histoires et de personnages et une palette inépuisable pour les artistes peintres.

 

 

 

                                                                              

 

DSC00226Le passe-muraille

http://www.montmartre-paris-france.com/guide-touristique-passe-muraille.php

 

Et puis nous avons rencontré notre copain Passe-muraille. Hauteclaire lui avait déjà serré la main lors d'une de ses récentes promenades. Il n'a pas voulu dire son secret que seul Marcel Aymé avait emporté avec lui, de l'autre côté de la vie. Il nous charge de vous transmettre son amitié. Il aime qu'on vienne le voir. Un peu narcissique? Non? Il est conscient qu'il a le pouvoir d'attraction d'un personnage. Pourvu qu'on ne l'oublie pas.

 

DSC00237.JPG Hauteclaire m'a emmenée pour terminer notre parcours vers ces jolies fleurs que je ne connaissais pas: les fleurs de la passion.  C'était ma première rencontre avec des êtres confiants, ouverts à nos regards émerveillés. 

 

Nous nous sommes attardés sur les vignes de Montmartre, nous laissant un peu rêveuses. Puis avant de reprendre le métro, nous avons eu notre dernière surprise :

 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lys%C3%A9e_Montmartre

 

Cette jolie femme sculptée à même le mur d'entrée du théâtre de l'Elysée-Montmartre nous faisait signe, nous souriait d'un air complice. Je ne l'ai pas répété à Hauteclaire mais elle m'a dit : "entre nous, je préfèrerais me détacher de ce lieu irrespirable depuis qu'il a brûlé. Derrière mon sourire obligé - c'est mon métier de sourire dans ce quartier - je râle de ne pouvoir marcher, danser, vivre..."

 

Voilà des petites notes que je vous adresse avec bonheur.

 

Suzâme

(31.08.11)

 

Ecritures croisées, demain chez http://hauteclaire.over-blog.com/

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

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Publié le 28 Août 2011

Ce monde insipide, silencieux mais attentif aux espèces en voie de disparition commence ici, dans un lieu inconnu avec des lois secrètes et un but qui se renouvelle chaque jour. Ils ne sont pas nombreux à travailler sur la recherche du sens, sans science acquise, sans religion conquise. Ce monde est peut-être une école dont le seul professeur dit qu’il guette, qu’il quête plutôt qu’il ne sait et fonde ses questions à partir de son étonnement. Ses élèves en sont les témoins sans le suivre vraiment et sans poursuivre ce qu’il sent.

 

Un groupe d’une douzaine d’étudiants se précipita vers la chambre de verre. Un élève se distingua :

« - Professeur ! Y a-t-il un temps d’observation pour ce type de spécimen ?

 

- Un temps d’observation ? un spécimen ? reprit le chercheur. Pour conserver la notion du temps et pour sortir de ta formulation trop stricte, pour elle, pour Lumia, je préférerais que le temps soit infini mais vous ignorez que chaque instant, prend… pire, dévore une partie infime de son organisme. Et paradoxalement, chaque instant vécu est sa part d’éternité…"

 

Il aurait pu continuer ce que ses anciens confrères aurait diagnostiqué comme un délire parce qu’il aimait l’autre, l’être derrière la baie qui les séparait tous.

 

Cette poignée de cerveaux épris de nouveauté était là, prenant cette matinée de cours pour une énième expérience. Pourtant, ces sages blouses blanches furent vite subjugués devant l’allure, le comportement, les gestes de Lumia, l’Im-patiente.

 

Ses cheveux gris clair, presque pâles étaient si longs et fins qu’ils caressaient la toile tendue sur le sol. La femme était élancée, légère, maigre, aurait confirmé un diététicien. Seule, libre, elle semblait danser sans cesse dans une gestuelle insensée.

 

Un jeune participant à l’analyse d’un artiste en phase de créativité finale, s’écria :

«- Mais elle peint avec… avec ses mèches de cheveux… avec ses pieds… avec ses mains… Docteur, elle peint avec son corps ! Pourriez-vous nous assurer qu’elle sait ce qu’elle fait ?

 

- Vous voulez dire, sait-elle qu’elle crée et ce qu’elle crée ?" Répliqua le psychiatre passionné par son impatiente précieuse.

 

Ce serait vain de leur développer sa réflexion. Il aurait exprimé ainsi son sentiment, ses interrogations inlassables concernant l’être et l’œuvre incarnés par Lumia ainsi :

 

L’œuvre est sa vie. La vie est son œuvre entre l’instant et l’infini. Tout son art est mouvance.

 

Juste avant la dissipation de la troupe qu'elle ne tarderait pas à perturber à son insu , elle bousculait encore la dizaine de pots de peinture aux couleurs vives qu’il avait déposé la veille, puis les renversait pour mieux les étaler et faire surgir, jaillir leurs sentes, veines de vie et de lumière. Ses cheveux soyeux étaient ses pinceaux et mêlaient songes et souvenirs, instinct primitif, connaissances ancestrales et prophéties. Ses pieds traçaient avec aisance des lignes en pointillés vers l’imaginaire. Ses mains s’ouvraient comme des fleurs aux teintes contrastées et créaient des empreintes d’existence, parsemaient le sens intime de son parcours partout sur cet étrange miroir, sol éclaboussé.

 

Pourquoi cette chorégraphie au bord de la mort ? Etait-ce son obsession ? La peur du vide, du blanc, du néant ?

 

Une jeune femme aux lunettes embuées par l’émotion secoua l’atmosphère remplie de non-dits en essayant une phrase :

«- Elle ne parle pas. Elle peint. On dirait qu’elle vide son silence.

 

Une autre maquillée comme un masque renchérit :

 

"- Docteur, quel intérêt pour nous cette patiente dépossédée de son esprit ? Que nous apprend-elle ?

 

- Se taire ici pour mieux comprendre…» répondit-il sèchement pour l’interrompre.

 

Puis sa voix s’élève : «Que vos pensées calquent chacun de ses gestes qui sont de purs instants! Lumia peint son âme.»

 

Ce court dialogue avait généré un commencement de bavardage du côté de ce groupe devenu solidaire dans une incompréhension totale. Puis à nouveau, ces têtes encore juvéniles furent interpellés par une vision qui les surprit dans leur appréhension de l’existence. Ils assistèrent à une métamorphose.

 

Lumia avait retiré sa perruque de fée qui la coiffait et l’habillait jusqu’à dissimuler totalement sa silhouette. Maintenant elle était chauve. Maintenant elle était nue. Si mince, si transparente…

 

Elle avait achevé son œuvre et s’allongea sur le dos, les bras posés comme des branches. A regarder avec délicatesse, avec un sens de la beauté et du rêve, la personne qui assistait à cette exhibition vivante, c’est-à-dire charnelle, celle du professeur plus particulièrement, interpréterait ce tableau ainsi : L’être, l'artiste ne font qu’un à travers cette projection d’un arbre tendu, étendu, donnant là toute son essence.

 

Un des étudiants paniqué intervient :

«- Professeur ? Qui est-elle ? Que fait-elle ? Pourquoi la laissez-vous livrer à elle-même dans cette espèce de chambre de cristal. Que voulez-vous nous démontrer ? N’est-ce pas que pure thérapie ? N’était-elle pas en proie à une espèce de…

 

- de folie ? S’emporte le savant. Petit, tu te trompes et c’est normal. Désapprends ici tes cours académiques, formatés pour le plus grand nombre, dans le dogme de la rigueur pour ne pas dire de la rigidité ! Respirer l’inspiration, sentir la création ne sont pas une utopie subversive. Eveillez-vous à l’autre vous vous comprendrez vous-mêmes !

 

Eh vous tous ! Avez-vous compris que cette femme aux limites d’elle-même, de ses désirs, de ses peurs, de ses efforts, est une artiste. Je ne veux rien vous faire voir qu’elle n’ait pu souhaiter exposer avant d’être atteinte. Oui, son désir n’a jamais été une tentation mais un aveu du verbe vivre. Je ne fais que respecter la volonté initiale de mon épouse contaminée. Elle retarde sa mort devant nous, génère à chacune de ses toiles nouvelles, tendues face à notre perception encore trop neutre, l’éveil de sa vie.

 

- Et que deviennent ses… ses œuvres, Docteur ?

 

- Ce château les gardera longtemps comme les fresques de son expression vitale…"

 

Tandis que les élèves quittaient cette pièce devenue oppressante, l’enseignant continuait à contempler l’œuvre. Nul ne saurait qu’il était larmoyant, victime de sa réceptivité. Ce n’est pas lui qui relèverait dans l’amphithéâtre, l’impuissance de la science mais aussi de l’amour à retenir ce reflet, cette lueur, cette note qui change tout dans l’univers humain.

 

Peindre. Seulement peindre et simplement être, âme et matière.

 

Suzâme

(28/08/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Autres écrits

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Publié le 27 Août 2011

feuilles memoires 005

 

Ce n'est pas juste que les fleurs

N'inspirent que le bonheur

Et nous, les feuilles d'or, la douleur.

 

Je crois bien que ce sont leurs couleurs

Qui parlent à tous les coeurs

Et nous, feuilles de braise, à toutes les rancœurs.

 

Ce n'est pas juste que même fanées

Elles n'inspirent que les baisers

Et nous, une part de néant sous les pas pressés.

 

Je crois bien que ce sont leurs parfums

Qui grisent les solitaires et d'amour leur donnent faim

Tandis que nous, feuilles d'ombre, ne retenons pas leurs mains.

 

Ce n'est pas juste que les fleurs

Inspirent même deuil et prières aux âmes sœurs

Et nous, feuilles d'outre-tombe, le silence des pleurs.

 

Suzâme

(27/08/11)

 

N.B. Si vous êtes tenté(e)s, imaginez la réponse des fleurs. Ont-elles vraiment la vie que leur prêtent cette feuille au nom de toutes ses soeurs.

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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Publié le 26 Août 2011

Photo 0022

 

"Où est mon corps ?

Où est ma tête ?"

s'interroge silencieusement l'arbre,

l'âme en chemin au gré de ses racines.

 

 

Suzâme

(26/08/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #instantanés poétiques

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Publié le 26 Août 2011

Un billet pour vous dire combien j'ai aimé ce film. Sur le conseil d'une amie et après avoir lu l'article de Catheau, j'ai choisi de distinguer sa partie exhibant le faste à travers les richesses d'un milieu lors du mariage de l'héroïne appelée Justine interprétée par Kirsten Dunst et l'évolution lente sur l'intériorité des personnages principaux, Justine et sa soeur Claire interprétée par Charlotte Gainsbourg.

 

Nous avons là deux profils d'un seul et même visage, l'être humain et ses limites. C'est la sensibilité de ses deux soeurs qui,  prisonnières de leurs apparences, va surgir au premier grand choc, vécu comme un retentissement par Claire et comme l'accomplissement d'une prophétie annoncée par Justine, créative et maladive.  

 

Mais qui est-elle? Pourquoi sa soeur est-elle la seule à la comprendre, à lui donner toute son attention?

 

Si la 1ère partie nous présente une vie tout en lumière à travers cette femme qui semble si heureuse, la seconde nous révèle Claire si généreuse, si dévouée à organiser la réception du mariage dans sa propriété somptueuse pour que sa soeur connaisse enfin le vrai bonheur.

 

Après les longues festivités  dans cette propriété au parc immense, nous apprenons grâce à l'époux de Claire qui est chercheur et astronome qu'une planète, nommée Mélancholia, jadis cachée par le soleil, s'approche très rapidement et même dangereuresement de  la Terre. Le professeur, seul maître de la réalité scientifique, assure jusqu'au dernier moment que nos merveilleux paysages, nos existences ne sont pas sur la trajectoire de ce point rouge qui s'aggrandit au fur et à mesure qu'il avance. Mais s'il se trompait....

 

Je ne veux pas vous en dire plus sur ce film qui ne fera pas l'unanimité puisqu'il s'agit selon moi de la psychologie fiction.

  

J'ai vu la planète Mélancholia comme une métaphore d'un type de dépression. Va-t-elle exploser, imploser comme une vie, une tête trop pleine?

 

Il n'est peut-être pas trop tard pour aller voir ce film. Je ne sais pas m'arrêter... Allez un petit reliquat  pour vous tenter encore !

 

Tout commence par un ralenti surréaliste: une femme en robe longue et blanche tente d'arracher ses racines qui l'envahissent. Cet effet est magnifique...

 

 

 

http://youtu.be/rAIwwpDj_qA

 

Articles croisés: A lire chez Ex-Libris

http://ex-libris.over-blog.com/article-le-crepuscule-des-hommes-melancholia-de-lars-von-trier-81845813-comments.html#comment87783508

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Billets (Livres, cinéma, Théâtre, expo etc...)

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Publié le 25 Août 2011

Pourquoi j’aime

Chaque visage, fleur ouverte

Chaque parole offerte

Depuis le cri de la naissance

Au poème de l’être qui pense

 

Pourquoi j’aime

Chaque main, flamme discrète

Chaque vie en silhouette

Depuis le jour et ses extravagances

A la nuit de l’être au silence.

 

Suzâme

(25/08/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

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Publié le 24 Août 2011

En échangeant de simples politesses avec une joggeuse revenue de vacances, je lui dis sans penser:

 "Marcher le long de la plage, les pieds dans l'océan, cela fait beaucoup de bien à la circulation du temps."

J'ai réalisé mon erreur très poétique tandis qu'elle continua ce chemin.

 

Suzâme

(24/08/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #instantanés poétiques

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Publié le 23 Août 2011

Le jeu du vent amusait les rideaux. Et j’étais là, encore paralysé par les premiers gestes du soleil qui venait me chercher. Savait-il l’état de mon corps épuisé par la vie ? J’aurais voulu caresser l’étoffe pastel, la toucher pour sentir ce délicieux effet de la brise si matinale.

Mais je restais comme aimanté à mon lit d’existence, braise sur les draps, rien qu’à l’idée de lumière, de couleurs, de parfums. Et ce voile qui dansait, m’attirait, me priait de venir, de tenter de vivre encore, de me lever, de m’élever, de m’élancer vers le dehors.

 

J’ai trouvé la force en mon âme encore si jeune, si nue devant l’espoir. Et je me suis lovée à la fenêtre immense, soudain miroir d’incendie. Le souffle du feu embrasait les ultimes brindilles.

 

 

Suzâme

(23/08/11)

 

 

Un partage de mots : Pour le 47ème atelier, nous vous proposons d'écrire un texte entre le début et la fin du livre "L’Enfant aux cailloux" de Sophie Loubière: "Le jeu du vent et du soleil amusait les rideaux." et "Le souffle du feu embrasait les ultimes brindilles."

 

http://partagedesmots.forumprod.com/

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

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Publié le 22 Août 2011

 

 

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En sais-je davantage sur les tigres que sur les bonzes ? Je suis pourtant un banc. A savoir que ma fonction première est l’étude des comportements assis et allongés bien qu'il m’arrive, lorsque je suis vide ou du moins lorsque l’absence prend toute son importance, je disais, il m’arrive de regarder au-delà de mon assise rigide.

Je vis à Bangkok, probablement la ville la plus turbulente du monde et malgré mon ancienneté sur ce territoire bien placé, je ne me souviens pas avoir été autant éberlué que devant cette scène que je n’ai pas, par ailleurs, encore qualifiée.

J’étais donc libre lorsque je surpris un jeune bonze en compagnie d’un tigre tout aussi immature, là, devant moi, au milieu de ma rue. Venaient-ils du fameux temple de Kanchanaburi ? Je fréquente pourtant les moines et pendant longtemps je les ai crus passifs avec leur calme légendaire surtout ici, en pleine cacophonie amplifiée par la foule de véhicules hétéroclites et d’humains. Ce qui m’autorise à avouer mon erreur de jugement. Un moine est vivant, comme moi, comme vous. A quoi cela se voit-il ? Tout simplement, il réagit.

Celui-là promenait son fauve juvénile en laisse comme un gros chat aux mâchoires apprivoisées quand la bête sursauta à la vue de quelque chose d’inconnu ou d’inattendu. Etait-ce seulement sa manière d’être étonné ? Le moine sans nom semblait craindre que l’enfant sauvage ne lui échappât en toute force et agilité.

Rien n’arrêtait le flot habituel et désordonné de mon repère aussi vaste soit-il. Je ne voyais que ce drôle de duo digne d’un sketch de cirque. J’eus beaucoup de mal à savoir ce qui avait troublé ce petit fou de la jungle et son sage alors qu’ils étaient menacés hélas d’un péril ordinaire, en cas de simple choc contre une navette de touristes ou contre tout autre obstacle habituel dans ce trafic incessant. Le tigron s’énervait, s’étouffait en tirant avec entêtement le bras de son maître que ses expressions métamorphosaient. Quoi ? Oui, cet être normalement impassible, s’inquiétait, s’opposait, interpellait, exigeait de l’autre, son compagnon de jeunesse, un minimum de discipline !

Qu’est-ce qui les faisait traverser cette largeur de poussières, ce vacarme exclusivement terrestre ? D’où j’étais, je ne percevais que les étoffes coloriées et fatiguées, les bibelots racoleurs suspendus aux devantures des boutiques aussi grandes que des mouchoirs parisiens.

Je n’aurais jamais rien su de la fin de cette scène inouïe pour moi que le quotidien endort, si une vieille femme ne s’était pas enfin assise sur mon corps immobile. Son comportement n’était pas rare puisque je pratique aussi ce genre d’expression : le monologue. Elle se parlait toute seule et c’était normal. Elle se racontait que le petit tigre avait surpris une sorte de dragon inspiré des légendes, si bien sculpté, que le félin l’avait sûrement pris pour un vrai. De plus, d’après l’un des témoins, colporteur de l’anecdote, l’animal encore naïf, aurait cru qu’il était aussi vivant, aussi heureux que lui de le rencontrer.

La vie, conclue le banc, ravi de broder cette histoire au gré de son ennui, c’est peut-être après tout une question qui va au-delà de la matière !

  

 

Suzâme

(21/08/11)

  

  

 

Défi 62 proposé par http://www.lilou-fredotte.com/ - Rêves d'écriture

thème : "Tout le monde veut prendre sa place"

Voilou Lilou

Et

C’est à moi qu’échoie le défi n°62

mes choix et nez choux pas !

 

C’est simple…

Vous prenez la place d’un personnage

ou d’un objet de votre chou  heu … 

choix  sur l’image.

Vous racontez son  histoire, ses émotions ou

ses impressions.

En prose ou en vers, 

Vous pouvez

soit  suggérer votre personnage

soit jouer à la devinette !

 

 

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #DEFIS CROQUEURS DE MOTS

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Publié le 21 Août 2011

Bonjour les ami(e)s,

 

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 "Air" d'Auguste Mallol

 

J'étais venue à l'avance me préparant intérieurement davantage à ma rencontre avec Anne Le Sonneur pour la dédicace de son premier livre publié aux Editions Lulu, "Le silence de la pierre"  qu'au lieu de promenade même si je n'avais pas flâné aux Tuileries depuis...non, vraiment je n'ose pas le dire, alors que mon adresse frôle Paris.

 

C'est ce que j'appelle un événement et pour me distraire de mes émotions, j'ai ouvert mon regard sur ce jardin, certes bondé de touristes de toute la planète - mais je ne vous apprends rien - gardé par des statues, corps de femme aux formes magnifiques, n'inspirant que la beauté. 

 

J'attendais Anne sous le petit Arc de Triomphe abritant quelques silhouettes pensives et n'ai pas hésité à l'appeler sur son portable. Comment nous serions-nous reconnues dans cette foule mais surtout en tant qu'inconnues? Je me suis brièvement décrite moins sur mes dimensions que sur mon allure. Un petit haut couleur "canna" et important... précisant que je n'étais pas asiatique. Chinois, japonnais et autres voyageurs d'asie piétinaient aussi ce sol de sable et de poussières. Puis, grand, grand moment pour toutes les deux: on s'est fait signe. Identification instantanée, bisous d'amitié, la vie quoi! 

  

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 "Nymphe" marbre 1866

de Louis Auguste Levêque

 

Et tout en faisant connaissance dans un échange où mes paroles pétillaient à chaque pas comme aimantées par son écoute, nous capturions ces déesses en plein air.

 

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"Cassandre se met sous la protection de Pallas" 

Marbre 1877 d'Aimé Millet

 

Mes lectures du Blog d'Anne Le Sonneur, en personne, s'il vous plait, et celle de son conte publié n'étaient pas assimilées comme une science mais elles m'imprégnaient et me donnaient une approche encore plus riche, plus profonde de mon amie de plume. Nos propos nous amplissaient d'existence comme un langage essentiel traversé par la paix de deux âmes en quête.

 

Ah vous nous trouvez sérieuses!

Eh bien je vous insère cette petite merveille, un homme, un des rares qui s'expose en ce lieu culturel prestigieux.

 

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 "Thésée combattant le Minotaure" - Marbre 1821-1827

d'Etienne Jules Ramey   

 

Nous étions bien deux à cliquer sur nos appareils récents. Anne était la plus experte, l'oeil sur le qui-vive comme un oiseau léger, sans rêves inutiles. Tandis que je me précipitais dans toutes les directions, ivre de découvrir et de voir.

Eh oui cela arrive à des gens tranquilles plutôt sérieux! Ah si vous saviez ! j'aurais écrit des poèmes à la terre entière, les aurais déclamer dans une douce folie de poète à Paris...

 

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"Reclining Figure - Bronze doré 1951 d'Henry Moore

 

Le jardin est vaste. On s'éloigne vite de la grande roue du Caroussel photographié avec la Nymphe par Anne, si je me souviens bien. Parce qu'elle a publié son article avant moi. Cela m'a épatée, stimulée parce que ce n'est pas très facile de se lancer dans un "carnet de promenades et de rencontres". Je vous rappelle que ce sont mes premières pages. Que dans ma vie entière, je n'avais jamais pris de notes sur mes vacances et séjours. C'est une preuve que les rencontres nous construisent. L'être est fait des uns et des autres et même lorsque je dis "Moi", je dis encore l'autre.  Avec Anne, la philosophie telle qu'on la perçoit et la ressent, était une évidence à chaque mot. Avec elle, j'étais bien comme en moi-même lorsque je médite pendant une trêve intemporelle.

 

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 "La foule" - bronze de Raymond Mason (1922/2010)

 

Nous sommes sorties de ce site ensoleillé pour longer non loin la Seine, complice des foules et des confidents. Elle ne retient rien qui l'embête ou la provoque. Ce qu'elle aime, la Seine, c'est l'importance de chaque mot qui circule d'un être à un autre. Vous ne le savez pas. Mais après les avoir écoutés - et ces mots échangés par des inconnus sont parfois des déclarations d'amour, d'amitié ou encore des pépites de peines à ramasser, elle les garde pour elle. Quelques vagabonds de fleuve cherchent encore tous ses trésors..

 

Nous n'avions pas prévu d'avoir les pieds dans le sable des "Plages" de Paris. Après notre face à face avec un château de sable rappelant les contes féériques, nous avons vite regagné un point stable pour nous désaltérer. Un café où j'aime donner rendez-vous aux personnes aimées situé sur la place du Châtelet.

Moment des plus précieux. Pensez-vous donc! un tête à tête, simple et fort comme l'amitié. J'ai eu ma signature sur "Le silence de la pierre". Elle me parle maintenant. Et je suis aussi sereine qu'heureuse de ce partage des plus profonds.

 

SI j'ai privilégié ici mon propos davantage sur ma rencontre avec Anne Le Sonneur que mes interprétations sur les oeuvres magistrales que je vous joins en partage, j'espère que vous me comprendrez..

Je pense qu'elles me suggèreront un peu plus tard quelques poèmes qui surgiront de mon chapeau-tête de poète. J'ai confiance. Grâce à nos échanges inter-blogs, mes ami(e)s, nous nous stimulons sans cesse. Que nos sources d'inspirations perdurent!

 

Merci à Anne pour cet après-midi, passerelle pour deux âmes, deux amies.

 

Suzâme

(21/08/11)

 

 

Ecritures croisées : A lire "Rencontre" chez http://anne.lesonneur.over-blog.com/

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

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