Publié le 26 Février 2011

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Site: expotempo.wordpress.com

 

 

Un arbre comme un bras immense, un corps vivant qui s’élance vers le temple du firmament. Il se penche et s’épanche, libérant ses racines, débordant de la terre assouvie.

Il n’est pas maître de son paysage ni de son existence. Son langage est encore incompris.

Au péril de ses sens, il se tend et s’entend dans un poème fou, sans vers, unissant dans un seul mouvement, inclinaison de l’âme à l’orée des nues , de la nature insoumise et désir d’élévation des êtres avec leurs ruines, toujours en quête d’un fragment de soleil intérieur.

 

Suzâme

(19/02/11)

Ecrit lors d’un atelier d’écriture proposé par Pierre Thoribé (CICLOP) au Musée Cognacq-Jay à l’exposition «TIVOLI»

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

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Publié le 26 Février 2011

TURQUOISE

 

J’appelle mon pays Turquoise comme l’eau qui l’emplit et l’amplifie par ses musiques marines.

Ses paysages sont des tentations de nuances et de transparences ; ils sont métamorphoses. Lorsque j’approche un arbre grandiose, il devient subtilement une rose d’un turquoise si clair qu’il ressemble à la chair.

Qui peuple mon pays Turquoise ? Des êtres qui n’ont qu’un langage, les rêves ; quelquefois des sirènes lorsqu’elles s’engagent à danser sans rien dire ; des poètes en exil, nus comme les dauphins de la création.

 

Suzâme

Atelier PoéVie – «D’infinis paysage » - 23/02/11

Proposition d’Anélias.B : «choisir une couleur, dire que c’est un pays et le décrire…»

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

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Publié le 24 Février 2011

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Site SEB-artdécor.blogspot.com

 

ALBUNEA

(11ème sibylle de Tivoli)

 

C’est là dans les méandres de ma vie que j’accueille ta venue, sibylle, toi qui jongle avec mes rêves et prédis l’art des torrents.

 

Tes mots sont les miens. Je les prends dans mes mains comme une offrande pour demain.

 

Tu vois l’univers telle une palette infinie et devine les prémices de l’art.

 

Ton chant si suave m’annonce mon péril et soudain avec une force à ébranler toute solitude, tu prédis la naissance d’une poésie d’esquisses, celle qui me nourrit déjà.

 

Désir de te regarder encore, de te garder, Albunéa, comme muse. Mais tu es insoumise. Aucun temple pour tes dons d’ivresse. Aucune prière au seuil des paysages que tu sèmes dans ta fuite de mes limites si prévisibles. Aucune empreinte sur les sentiers de ma vie.

 

Seule la poésie s’écrit aussi fluide que la lumière d’une âme endormie.

 

Suzâme

(19/02/11)

Texte griffonné lors d’un atelier d’écriture proposé par Pierre Thoribé (CICLOP), debout, sur place au Musée Cognac-Jay lors de l’exposition TIVOLI. (sans inducteurs collectifs)

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 22 Février 2011

"....Se parler, oui

pour savoir qu'on est du même silence..."

(Eparpillement, 1910 - Natalie Cliford Berney

 

"...Dans le silence et la solitude, on n'entend plus que l'essentiel..."

(Echos du silence - Camille Belguise, épouse de Jacques Chardonne - 1894/1980)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Extraits, citations

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Publié le 20 Février 2011

Si je vous dis qu’il n’en reste plus qu’une dans le monde ; que tous les apprentis poètes le savent et se précipitent sur sa terrasse, plumes contre sa vitrine sans décor, miroir teinté de vers multiples.

 

Attendre n’est rien lorsqu’on sait qu’une éternité sur deux la fileuse œuvre à son comptoir débordant de feuilles désordonnées et parfois insensées, lorsqu’on la voit recevoir un par un, ces donneurs de poésie.

 

Là, c’est un certain Eluard qui montre ses mains et le poème qui vient. Instantanément, le visage de la femme étrange devient lumière devant quelques mots extraordinaires extraits d’un carnet au cuir vert patiné presque secret : « …La terre est bleue comme une orange ...»

 

Elle sourit au poète ébloui par la clarté qu’elle renvoie dans tout l’espace de son magasin. Quand il disparait discrètement, emportant un fragment d’absolu, elle referme la lourde porte de sa vie et renonce à son merveilleux métier qui consiste à accueillir, découvrir, retenir, assembler les poèmes comme un collier invisible autour de chaque être.

 

Fileuse de poèmes ? Toute ressemblance avec une profession actuelle ne serait que pure coïncidence.

 

 

(16/02/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

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Publié le 20 Février 2011

RECETTE DE LA PATE A SECRETS

 

Pour faire un gâteau d’existence :

. Prendre un moule invisible

et une cuillère de résistance

.Verser :

- ¾ de sable sans fin

- 1 bonne louche d’amour de vie

 .Remuer lentement, patiemment

 .Ajouter :

 - 1 pincée de souvenirs

- 2 belles larmes  sans raison                                                                                                                                                                                                                                                                     

.Touiller l’ensemble avec délicatesse

.Compléter avec:

 -10 dl de source aux rêves parfumée d’un vrai zeste de solitude

 

Important : Après avoir mélangé tous vos silences

.Laisser reposer le tout longtemps, très longtemps.

Quand la pâte à secrets est prête

.Mettre à cœur doux, très doux.

Puis, goûter de temps en temps votre gâteau d’existence.

Conseil pratique : Pour le préserver, recouvrez-le de fierté et conservez-le sous cloche avec toute votre âme.

                                                                                                                                                                                     v

 

 

(18/02/11)      

 

Texte écrit pour PoéVie en page n°10 sur le thème du secret, feuillet thématique de l'Association Nanterre Poévie (en préparation) et Croqueurs de Mots                                                      

                                                                                             

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

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Publié le 17 Février 2011

«LA FEMME QUI PLEURE AU CHAPEAU ROUGE»

 

2010 - Drame réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe avec principalement Amira Casar dans le rôle de Dora Maar et Thierry Frémont dans celui de Pablo Picasso.

 

J’ai été emportée par cette passion amoureuse et destructrice entre deux artistes, l’une photographe en vogue en 1936, l’autre, le peintre dont le génie engendrait déjà sa renommée. Dora, la femme libre, photographe était lumineuse, étonnée, étonnante mais Dora, le modèle, nudité splendide pour un chef d’œuvre aux formes bouleversées, ou encore Dora, l’amoureuse, de l’épanouissement à la souffrance me laissa émue. L’amour rend vulnérable. Je le savais. Ignorais-je qu’il se conjugue si dangereusement avec l’art ou à son détriment ?

 Et Picasso, lui, le multiple, l’exclusif, paradoxe de l’instant, vivait déjà de son art pendant les années difficiles et donnait aux femmes dans un tourbillon passionnel, du bonheur éclaté  jusqu’à l’infernale tourmente. Son œuvre s’en est-elle ressentie ? Recherche ou insatisfaction constante ?

Cette histoire très bien interprétée m’a mise sur la piste de Dora Maar dont j’ai hâte de découvrir l’univers photographique. Je l’ai peut-être aperçue dans des expositions surréalistes puisqu’elle réalisait elle aussi des collages. Allons à sa recherche. L’art abolit le temps.

 

(17/02/11)

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Billets (Livres, cinéma, Théâtre, expo etc...)

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Publié le 15 Février 2011

L'Autre
               "Je est un autre"  Arthur R.

 

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

 

Andrée Chedid

 (Poème inédit pour Le Printemps des Poètes - Éloge de l'autre - 2007)

 

N.B. Décédée le 6 février dernier. Qui n'a pas lu l'un de ses romans? C'est sur quelques années avec le Printemps des Poètes  que j'ai découvert son oeuvre poétique aussi profonde que ses récits. Je vous encourage à la retrouver dans quelques textes essentiels tels que "Le sixième jour", "L'autre", "L'enfant multiple" etc...Il y a de la philosophie dans beaucoup de ses récits et une note de sagesse sans mysticisme dans ses poésies. Suzâme

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #découvertes d'auteurs et blogs

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Publié le 10 Février 2011

J'aspire les nuages, les étoiles et j'amplifie mon âme.

Demain, je m'élancerai dans l'espace de ma vie.

Suzâme

(21/01/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Textoésies

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Publié le 8 Février 2011

Partage

 

Partage du pain, âme comprise.

Se nourrit la confiance

de ceux que la nuit enlise.

Misère n’a pas d’alliance.

 

Partage du vin, âme comprise.

Sourit l’insouciance

de ceux qui fuient leur seule hantise.

Solitude est errance.

 

Suzâme

(2/02/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

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