Publié le 30 Avril 2011

Je ne puis capturer mon cœur

Lorsqu’il pleure

Alors il y a la rosée sur les fleurs

Et la pluie sur mes peurs.

 

Je ne puis écrire ma douleur

Alors il y a le langage de l’âme-sœur

Toute la poésie et son ampleur

Alors il y a le bruit de nos erreurs.

 

Je ne puis me taire qu’à contrecœur

Lorsque je pleure

Alors il y a les vers crieurs

Alors il y a le silence des couleurs.

 

Suzâme

(30/04/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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Publié le 29 Avril 2011

Mon choeur

 

Est-ce si loin dans ma mémoire entonnoir?

 

Les souvenirs s'écoulent doucement comme une source retrouvée, issue de l'enfance.

 

Aujourd'hui, en recevant dans l'âme ce morceau qui me transporte et instantanément me prend la main pour traverser le temps, je me perds dans tout ce qui me rappelle maman et sa famille immense.

 

Ce dimanche-là, dans la salle à manger irisée de bonheur, sont rassemblés quatre frères, quatre sœurs autour du cœur infatigable de leur mère, reformant la chorale de leur jeunesse que dirigeait leur père, il y a longtemps, en maître intransigeant de leurs répétitions et responsable du conservatoire municipal.

 

Ils sont tous là et pendant que l'un d'entre eux joue sereinement du piano tout en les suivant du regard, moi, petite fille discrète, timide, recroquevillée sous la vaste table en merisier, j'ai peut-être huit ans quand j'apprivoise pour la première fois ce chant magnifique porté par la profondeur de leur émotion partagée, par leurs voix graves, hautes et aériennes qui depuis m'exalte encore.

 

Maman à qui je confiais souvent cette souvenance me répétait inlassablement qu'ils chantaient «l'Ave Maria» de Gounod en hommage à leur père, juste après le retour de la messe qui lui était dédiée.

 

Le temps ne m'a pas volée mon enchantement. A chaque fois que j'écoute cet air nourri de paroles d'amour et de foi en latin, à travers toutes les interprétations possibles, je fonds de toute mon âme comme en croyance mais ne prie plus.

 

Six d'entre eux dont ma mère ne sont plus là.

 

Suzâme

(23/04/11)

 

Consigne de PAPIER LIBRE  :  "Vous avez sans doute dans votre vie un souvenir oublié qu'un parfum, un son, un goût a réveillé. Contez-le nous." jusqu'au 10 mai prochain mais après aussi.

à envoyer à : beaudroit_juliette@orange.fr

 

N.B.  A l'origine, l'Ave Maria est une improvisation de Charles Gounod en 1859, composition d'après le prélude de Bach.

 

Site Musicme : http://www.musicme.com/#/Barbara-Hendricks/albums/Ave-Maria-5425019971991.html

L'Ave Maria à l'origine, improvisation de Charles Gounod en 1859 composé d'après le prélude de Bach

 

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

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Publié le 28 Avril 2011

Ils semblent accueillir de façon distante. Tout d’abord, un premier, bicolore sur fond roux, niche sur la branche la plus basse du premier arbre de l’allée verdoyante et fleurie, bordée d'arbres pensifs, scrute le passant, questionne silencieusement l’invitée qui s’aventure à franchir le long chemin menant à sa maison que garde un saule resplendissant près d'un puits enlierré, couvert d’un voile aux transparences du temps.

 

Désir de s’imprégner des couleurs et parfums de tout ce qui entoure, envoûte ce vieux corps de ferme, comme on dit, situé juste à la sortie du village.

 

Désir de retrouver l’être qui m’attend à l’ombre de tous les vacarmes de la vie.

 

Tiens ! un second au regard vert me fixe du fond d’une brouette aussi vieille que nos ancêtres. Bien sûr qu’il est noir et qui le sait. Il m’évince, peut-être me déshabille… C’est quoi son pouvoir ? Avoir de l’ascendant, sans jamais rien dire, sur les silhouettes multiformes, visiteurs d'un instant,  qui arrivent chez lui.

 

Donner un contenu mystérieux à l’atmosphère tandis que je me dirige vers la porte principale rustique, grinçante mais réconfortante.

 

Désir de franchir le seuil enrosé de rouge de vie, de jaune soleil et blanc de vierge, fleurs ouvertes et généreuses, suspendues au gré du mur fissuré, fatigué, consentant.

 

Désir de m’approcher de l’être qui m'attend, qui m’entend du fond de son fauteuil avachi mais si complice de ses humeurs.

 

Tout est ouvert. Dans l’entrée, près d’un vase longiligne en grès bleu patiné, son bouquet de lavandes et brins de blé séchés… Quoi ? Un troisième rayé gris, tout petit, malicieux et joueur ! Je souris malgré l’aspect sinistre de ce couloir encombré de portraits photographiés, d’aquarelles jolies, de troubles miroirs dépareillés.

 

Les dalles sont usées des pas de toute une existence. Et j’avance en ralentissant mon cœur qui s’emballait juste avant dans le train de ma mémoire.

 

Non ! Un quatrième ! Certes je ne connais pas leurs noms et ne vis pas avec des chats. Mais j’ai l’impression d’être entrée dans un monde étrange où ces félins me toisent sans même me frôler. Ils ne me reconnaissent pas depuis le début de ma venue, dès l’orée de la maison de mon amie. Celui-là aussi a deux couleurs qui tranchent ; noir et blanc. Je l’aurais bien appelé Dé. C’est lui qui, perché sur un escabeau fleuri, sans même bouger, m’intimidant comme une enfant ; c’est lui qui m’indique qu’elle est là.

 

Sur ses genoux, le dernier, un chaton blanc comme son visage attendri.

 

Elle me donne, je lui prends ses mains d’amie de toutes mes vies.

 

Suzâme

(28/04/11)

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 27 Avril 2011

Il ne me reste plus que les mots d’un quatrain

Pour combler le néant, satisfaire le grand vide

D’une existence pâle où l’horizon livide

S’éloigne sans retour pareil au dernier train.

 

Me voilà sur le quai, bras ballants sans bagage

Etranger sans patrie étonné d’être là

Après avoir connu, de Charybde en Sylla

L’acier des cœurs fermés, les ressacs du rivage.

 

Sur la route, bien seul, je chemine en enfer

Le carnet dans la poche, un crayon pour écrire

Le poème est un cri dans le noir du délire

Qui m’obsède et m’étreint comme un étau le fer.

 

La bouteille d’alcool, telle une cheminée,

Réchauffe mon vieux corps d’une douce chaleur

Dans le froid de la vie et l’amère douleur

Mais du verre mon rêve obscur part en fumée !

 

 

Jean-Paul Villermé

Auteur, poète et randonneur

Secrétaire Ass. Nanterre PoéVie

 

http://vjp49ecritures.e-monsite.com - http://randopoesies.over-blog.com/

http://nanterrepoevie.e-monsite.com (rubrique auteurs)

 

N.B. J'ai choisi ce poème récent d'un poète avec qui je partage des rendez-vous d'écriture, de lecture, parfois des randonnées littéraires. Il vit en poète, un carnet à la main. Vous pouvez découvrir ses textes sur les sites et blogs cités et il a également édité romans, nouvelles et poèmes. Nous projetons d'organiser sa carte blanche à Nanterre pour la saison prochaine.

 

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #découvertes d'auteurs et blogs

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Publié le 27 Avril 2011

"...moulin à vent des mots :

palpitation, miroitement, espoir

et puis soudain, vive et fugace

la foudre tombe;

comme la poudre aux yeux s'évapore

et la réalité se fige.

et rire, rire jusqu à plus soif..." 

 

   Anelias.b

(27/04/11)

  http://anelias.e-monsite.com/

http://nanterrepoevie.e-monsite.com/

-*-*-*-*

 

Après Anélias.b, voici ma suite à "L'Eperdue" :

 

 

 

"... Combien de fois la vie nous pliera

Comme une chaise dans un coin ?

Mais l'amour nous tendra ses bras

Et nos coeurs ne compteront pas les points.

 

Même si la solitude s'engouffre sous nos draps

Comme une sorcière ivre de litanies

Même si nos peines pleurent à tout va

Nos corps ne compteront pas les nuits.

 

Combien de fois la vie nous relèvera

Comme une échelle au bord du toit

Et l'amour sans défiance nous dira

que nos âmes comptent sur la foi....

 

Suzâme

 

N..B. Il s'agit d'une suite donnée à un texte que vous pourrez découvrir chez http://tibicine.over-blog.com/ qui en recevant ce poème si bouleversant a choisi de le continuer. A ce jour la composition d'origine est encore anonyme.

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 27 Avril 2011

Je viens d'avoir une poussée de poésie,

un poème gros comme le coeur

au milieu du visage.

 

Suzâme

(27/04/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Textoésies

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Publié le 27 Avril 2011

"Je jouis de toute mes feuilles d'arbre centenaire, qui le sait?"

 

(Entendu en passant près d'un hêtre)

 

Suzâme

(27/04/11)

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 26 Avril 2011

m503501 d0116712-000 p

Théodore Caruelle d'Aligny

2ème quart 19è siècle

réf. 8221, recto

Site : http://www.culture.gouv.fr/

 

Là, devant moi, c’est un arbre qu’on torture puis décapite.

 

Douleur du réel lorsque la distance n’éloigne pas les êtres qui souffrent.

 

L’un, d’entendre la mort scier ses bras d’existence, son tronc, ultime corps assassiné et...

l’autre, victime des vertiges de son impuissance et du simple amour de la vie.

 

Suzâme

(25/04/11)

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 26 Avril 2011

J’ai dit bleu parce que c’était la mer, parce que c’était tes yeux. Et toute la vie autour, des forêts jusqu’à la ville était bleue.

 

Une seule danse sur le sable, nos pas vers l’infini, un seul regard de toi au fond de mon corps et le bleu qui nous envahit…

 

Ce n’est pas l’encre. Ce n’est pas le ciel. Je les ai pourtant frôlés, l’une sans m’y noyer, l’autre sans même prier.

 

Ah ! C’est toi qui m’a donné le son, les sens du bleu puisque je t'entends encore et te sens partout.

  

Parfois, il me suffit de contempler les rives lointaines et notre couleur se rapproche, m’enveloppe comme un parfum si prégnant qu’il me détend.

 

Toujours, il me suffit de me rappeler tes mots tendres et fougueux et à nouveau le bleu écrit dans ma tête, protège mon cœur, évince mes larmes silencieuses.

 

J’ai dit bleu parce que l’amour, parce que la vie, parce que la solitude.

 

Suzâme

(26/04/11)

SITE : http://defis-d-ecriture.over-blog.com/

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 26 Avril 2011

XLI

 

Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :

L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :

Les amis de ce pays-là

Valent bien dit-on ceux du nôtre.

Une nuit que chacun s'occupait au sommeil,

Et mettait à profit l'absence du Soleil,

Un de nos deux Amis sort du lit en alarme :

Il court chez son intime, éveille les valets :

Morphée avait touché le seuil de ce palais.

L'Ami couché s'étonne, il prend sa bourse, il s'arme ;

Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu

De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme

A mieux user du temps destiné pour le somme :

N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?

En voici. S'il vous est venu quelque querelle,

J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point

De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle

Etait à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ?

- Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point :

Je vous rends grâce de ce zèle.

Vous m'êtes en dormant un peu triste apparu ;

J'ai craint qu'il ne fût vrai, je suis vite accouru.

Ce maudit songe en est la cause.

Qui d'eux aimait le mieux, que t'en semble, Lecteur ?

Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.

Qu'un ami véritable est une douce chose.

Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;

Il vous épargne la pudeur

De les lui découvrir vous-même.

Un songe, un rien, tout lui fait peur

Quand il s'agit de ce qu'il aime.

 

 

Fables de Jean de La Fontaine

(1621-1695)

 

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Mon anthologie poétique

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