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Publié le 7 Juin 2012

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 Photo prise par Hauteclaire
 
Bonjour les ami(e)s,
 
J’avais trop envie de faire découvrir à Hauteclaire link, le Musée des lettres et manuscrits, situé à Paris, Bd Saint Germain
Une opportunité ce mois-ci, puisque depuis le 16 mai dernier commençait  l’exposition temporaire «Sur la route» de Jack Kerouak, l’épopée, de l’écrit à l’écran :
Je vous avoue de suite que je ne l’ai pas encore lu. Lorsque j’avais aux alentours de vingt ans, j’avais entendu parler de cet auteur de la Beat Génération  et plutôt en mal par mon entourage familial.
Dans les années 70,  Jack Kerouac était considéré comme subversif par nos aînés, nos responsables pédagogique. Pourtant sa recherche toute existentielle accompagnée de l’usage d’expédients inspirait des jeunes dans le monde entier. Il incarnait la liberté.
Mais, moi, enfant modèle, pendant très, trop longtemps j’en étais restée là, à cette image de poète vagabond avec quelques cartes tout de même mais hors limites. Aussi, je suis heureuse d’avoir fait ce chemin derrière les vitrines d’un Musée avec Hauteclaire  complètement enthousiasmée par cette abondance de manuscrits exposés dans d’autres pièces et concernant d’autres personnalités de la science, de la musique, des arts et des lettres. L’autorisation de photographier sans flash impulsa son désir de tout saisir ou presque. Elle a d’ailleurs réalisé un diaporama accessible pour ceux qui ont une messagerie gmail.
Mais revenons à cet homme dont finalement j’aurais bien voulu qu’il soit au moins mon frère : Louis Lebris Kerouac, alias Jack Kerouac né à Lowel dans le Massachusetts en 1922. « Ses parents immigrés québécois sont d’origine bretonne » ; ce qui le rapproche de nous et surtout motive inconsciemment son envie de parcourir, de découvrir, d’expérimenter, de connaître la vie par les sens et l’exprimer avec spontanéité.
A l’adolescence, il se jette dans les livres, Jack London pour l’aventure, la philosophie et grands horizons, William Blake avec «Le mariage du ciel et de l’enfer»,  Baudelaire  et  son recueil « Les fleurs du mal », Rimbaud dont on voit avec émerveillement la belle écriture de son poème « Patience ».Il explore la vie et toute l’œuvre de Jean Genet dont le parcours l’influence, dévore les romans d’Honoré de Balzac et suit Louis Ferdinand Céline dans « Voyage au bout de la nuit ». Il fut influencé par le Manfeste du Surréaliste d'André Breton et l'on trouve la trace  de citations de sa lecture d' Henry-David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois » link et en relève cet extrait :
«Renouvelle-toi entièrement chaque jour ; fais-le encore et encore et à jamais».
Il avait choisi de faire des études de sport et bien qu’ayant reçu son diplôme en 1940, il dût renoncer à une carrière dans le football américain   après une blessure au tibia. Il décida alors de céder à ses envies de voyages en embarqua en tant que plongeur en cuisine sur un navire en partance pour Mourmansk (Russie) puis pour Liverpool (nord-ouest Angleterre). L’Europe est en guerre, Jack est mobilisé en 1943 mais réformé par l’armée pour « schizophrénie ». Alors il écrit  et fait la rencontre de William S. Burroughs dont il est attiré par le mode de vie de voyageur européen. Les rejoint le poète Allen Ginsberg et en 1946 rencontre Neal Cassady, sorti de prison et en quête de la liberté totale. Drogues, prostituées jonchent leur parcours frénétique. Fasciné par son nouvel ami, il le suit en traversant l’Amérique dans une « errance » de dix ans.

JackKerouacNealCassidy.jpgJack Kerouac et Neal Cassady
En 1948, il réalise son premier roman : «The Town and the City qui deviendra chez nous «Avant la route» puis se consacre à l’écriture sans penser en vivre.
En 1951, écrit en 3 semaines « Sur la route » qui est assimilé à un roman et sera publié en 1957. Devenu le symbole de la Beat generatiion, son livre sera un best-seller international.
En 1954, Kerouac rejoint à Tanger William Burroughs et l’aida aux côtés de Ginsberg, à trier ses manuscrits et à les rassembler afin de mettre au jour son œuvre fondamentale, devenue culte «Le festin nu».
En 1955,  il rencontre Gary Snyder, nourri de culture orientale et boudhiste convaincu, ce qui l’intéressa sans pour cela renoncer à sa foi chrétienne. Il fait cependant en lui-même le lien entre les deux croyances en composant «The Dharma Bums», en France «Les clochards célestes» publié en 1958.
Sur la route, fut un succès de son vivant mais il ne s’exposa pas aux médias, souhaitant quasiment être anonyme pour rester libre.
Après avoir recherché ses origines en France, en Bretagne exactement, il retourne en Floride, sombre dans l’alcool et meurt à 47 ans.
 
Source : catalogue Musée des lettres et manuscrits
Autres liens pour les photos notamment que je ne peux pas publier ici :
 
Histoire d’un rouleau long de 36,50 m
rouleaujackkerouac.jpg
Photo prise par Hauteclaire
C’est en avril 1951 que Jack Kerouac écrit son roman de 125000 mots sur des feuilles collées bout à bout conçu à partir de feuilles de papier à dessin pouvant passer dans chariot d’une machine à écrire.  Il n’y a pas de paragraphe. Le jeune auteur aventurier s’inspire des surréalistes, favorisant l’élan de l’inconscient et veut donner l’idée que son écriture est semblable à sa route.

Extrait de "Sur la route" :
 
  
Dehors, la tempête de neige faisait rage, une merveille. Al Hinkle s'était fait la soeur de Pauline, et il s'était tiré avec elle. J'ai oublié de dire qu'il sait y faire, avec les femmes. Avec son mètre quatre-vingt-dix, il est doux, affable, avenant, crétin, délicieux. Il leur enfile leur manteau. C'est comme ça qu'il faut s'y prendre. A cinq heures du matin, nous voilà en train de traverser la cour d'un immeuble en courant pour entrer dans un appartement par la fenêtre, parce qu'il y avait une fête énorme. A l'aube on est retournés chez Stringham. Les gens étaient en train de faire des dessins, de boire de la bière éventée. J'ai couché avec une fille qui s'appelait Rhoda - la pauvre - sans même qu'on se déshabille, va savoir pourquoi, parce qu'on partageait un canapé. Des foules de gens arrivaient, depuis le bar du campus de Columbia. Toute la vie, tous les visages de la vie s'entassaient dans cette pièce humide. » Editions Gallimard
 IMPORTANT
 
Nous sommes certainement plusieurs à avoir publié sur cet auteur, soit à travers la lecture d’un de ses livres, soit en ayant vu la transposition de son titre célèbre récemment au cinéma. 
Je vous invite à me déposer vos liens en commentaires ou ceux de vos amis concernés afin que je les publie en fin de page.
Je suis heureuse de partager ma découverte. Et puis à celles et ceux qui l’ont lu, n’hésitez pas à me convaincre de le lire à mon tour. Il est toujours temps de lire... 
 
Suzâme
(7/06/12)
P.S. En compagnie d’Hauteclaire, nous avons contemplé dans trois salles permanentes, des manuscrits d’auteurs célèbres. Peut-être, nous dévoilera-t-elle prochainement ses impressions et  quelques photos essentielles de son album de manuscrits…
 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

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Publié le 2 Mai 2012

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Artemisia, artiste internationale - Naples - 1593/1654

 

 

Bonjour à toutes et tous,

 

    Sortir avec Hauteclaire (*) que ce soit pour une promenade ou une visite d'exposition est un rendez-vous que je désire et que j'attends avec beaucoup d'impatience. Et quand vient l'heure de la rencontre, c'est toujours un beau jour d'amitié.

 

Comment partager mon vertige sur ma rencontre éblouissante avec Artemisia...

Il y avait du monde, trop peut-être pour avoir une distance suffisante et propice à la contemplation des chefs d'oeuvre d'une artiste-peintre dont je n'avais pas assez entendu parler. 


Ses compositions magnifiques représentaient souvent des femmes très déshabillées et parfois nues, de quoi nous écarquillés les yeux.   Voici une de ses lumières "La Vierge à l'enfant"

 

  artemisia-gentileschi-vierge-allaitant-1616-18

 

mais encore d'autres personnages l'ont inspirée ou lui ont été commandés.

 

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 Lucrecia


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Cléopâtre

       
Incroyable ! Elle a été célèbre de son vivant "et s'est imposé dans le milieu artistique napolitain"* grâce à une première commande :"Naissance de Saint Jean-Baptiste".

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  mais aussi avec d'autres thèmes inspirés par la Bibled'une violence bouleversante :

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Judith et Holopherne - 1612


Je ne retracerai pas ici sa biographie que je vous laisse découvrir sur le site du Musée Maillol :

 

link

 

 ou sur cet article du journal Le Monde du 22 mars dernier 
  link
     Wikipedia :http://fr.wikipedia.org/wiki/Artemisia_Gentileschi
   

et sur d'autres qui vous parleront de cet être exceptionnel qui malgré les difficultés pour obtenir la présence de modèles féminins, a su défier et surtout convaincre son milieu culturel.
 
Sisyphe.org : link
   
France inter : link

 

    Pour le partage encore, vous donnez un aperçu de mes représentations préférées :

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Allégorie de  la Rhétorique (1650)


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Autoportrait de l'allégorie de la peinture (1638/39)

Je suis repartie remplie de beauté... même sans une connaissance essentielle de l'art, à ma manière je m'en suis nourrie. 
Cependant j'en conviens,
ce lien amoureux qui m'attache à l'art n'est point suffisant pour transmettre une page culturelle.   Alors, pourvu qu'elle vous incite à visiter l'exposition si vous habitez la région parisienne ou y séjournez et à compléter les sources proposées.

 

Un bel échange plein d'amitié avec Hauteclaire  link à une terrasse parisienne conclua cet après-midi miraculeux.

 

Suzâme

(21/04/12)

Pour enrichir ma publication, je vous transmets le commentaire très éclairé envoyé à ma demande par mon amie Arthémisia, professeur d'arts plastiques et artiste  link :

"Comment quand on parle de la peinture d'Artémisia ne pas évoquer la puissance de la lumière, des contrastes de lumière et d'ombre (le caravagisme) qui donne à voir avec violence ce que l'artiste ose montrer, la chair nue, la chair qui attire, ou répulse, la violence du crime, le sang qui coule et la grimace du monstre...l'Homme dans une vérité dévoilée sans afféterie ni coquetterie.

 

 


    Voilà aussi ce qui nous la rend précieuse cette magnifique peintresse, qui a dû lutter contre les préjugés de son époque et même probablement encore de la nôtre...qui (veulent) voulaient qu'une femme ne doit pas peindre des corps mais se cantonner aux charmants bouquets de fleurs et autres paysages plus compassés les uns que les autres.


    Montrer, voilà ce que fit la belle, diriger l'éclairage sur ce qu'il faut voir, sur ce qu'il faut montrer. Et avec quelle virtuosité!


    Ce qu'elle peignait c'était bien sûr ses toiles mais aussi et surtout s(l)a marche en avant des femmes dans l'Art, son droit à la reconnaissance en tant qu'artiste, en tant que femme-artiste, et en tant que personne humaine dont le travail et le regard font fortement sens.


 Mes meilleures pensées à toi Suzâme que j'envie d'avoir pu visiter cette expo.  


Arthémisia
(30/04/12)


N.B. Je vous invite à visiter, dans le cadre du "Tableau de la semaine", le blog d'Hauteclaire et sa publication sur Artemisia :


http://hauteclaire.over-blog.com/article-le-tableau-du-samedi-arthemisia-103781968.html

      

(*)brochure de l'exposition du Musée Maillol

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

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Publié le 3 Avril 2012


Bonjour à toutes et tous,
C'est vrai j'étais heureuse de partir et peut-être... de m'enfuir... non voyons! j'étais heureuse de retrouver la mer. Désir, besoin? Qu'importe et je suis revenue avec quelques fragments de ce qu'elle m'a inspirée. Je suis encore au ralenti. J'ai visité quelques blogs et déposé mon algue... Je commence par cette page qui me mène à vous avec des poèmes et quelques liens.
Nous aimons ce coin encore sauvage du Val de Saire, situé tout près de Cherbourg. Flâner à Barfleur, link  ou à Saint Vaast link au mois de mars, c'est s'accorder une trêve, laisser derrière soi des réalités, des habitudes, des moyens de communication...





 

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Un seul geste de la mer
Et le rocher frémit.
Les algues qui l’enlacent
Séduisent son corps fier.
Lui, l’amoureux, l’ami
Aime et se laisse faire.
Parfois il se noie sous la glace.
Un seul geste de la mer
Et le rocher espère.
(2/04/12)
 

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Que la mer berce de ses vagues
L’âme insoumise du poète.
Du fond de son miroir émeraude
Etre, c’est regarder l’autre.
 
  



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Elle m’aimante

alimente mes yeux

mon âme gourmande.

 

Elle me revigore

ravive mes sens

mon corps en suspens

 

Elle est avide

de sable et de ciel

en moi fait le vide

la mer, la mer, la mer…

 

(Fermanville, le 01/04/12)


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Que me murmure le vent :

La mer donne l'éveil

à toute chose qui sur le sable

repose, leur parle du soleil

La mer délasse l'âme

et toute flamme qui sur les roches

s'accrochent, puis s' émerveillent.

 

(24.03.12)



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L'homme et la mer



Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables!

Charles Baudelaire (1821- 1867)

Site : toutelapoésie.com

 

 
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Lire aussi

Vers la mer

d’Emile Verhaeren

http://www.poetica.fr/poeme-1298/emile-verhaeren-vers-la-mer/




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J'ai passé d'autres heureux moments, par exemple au coin d'un feu de cheminée; tout ce qu'il y a de plus simple et habituel pour quelqu'un qui le prépare pour son foyer. Mais pour moi, c'était merveilleux. Une relation d'être à flammes que je découvrais. Méditer, écrire, lire des poèmes qui nous ouvrent l'âme... voilà en toute cordialité les instants que je désirais partager avec vous qui me suivez...

Poèmes, nouvelles, textoésies à venir... une perspective d'écriture qui me motive chaque jour. Vous visitez, vous commentez, un bonheur d'exprimer l'instant créatif et réactif, vous qui stimulez mon inspiration... A bientôt.


Suzâme

(3/04/12)

 

 
 

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 19 Février 2012

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Bonjour,

 

Je reviens la mer au fond des yeux avec quelques photos, textoésies et instants poétiques.

 

J'avais envoyé de Saint Malo, un textoésie à quelques unes, mes soeurs-lunes :

 

Tremper sa plume dans l'infini

C'est retrouver l'embellie

Soudain les mots sont des mouettes

qui disent OUI aux poètes.

 

Suzâme

(11/02/12)

 

Et vous m'avez répondu :

 

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"Tes mots se sont envolés jusque sur ma main en forme de coquille pour les réchauffer."

Bernie

 

 

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"Les mots mouettes planent loin au-dessus des flots et les vagues chantent leurs rimes."

Hauteclaire

(11/02/12)

http://hauteclaire.over-blog.com/

 

 

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"Avec le trident de Neptune

La femme grave ses mots poètes

Dans le temps d'un envol d'écume."

 

Arthémisia

(Toulon. Textoésie du 12/02/12)

http://corpsetame.over-blog.com/

 

 

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"Dans le livre ouvert

entre ciel et terre

Signes de ponctuation argentés

Dansent sur la plage calligraphiée."

 

Plume

(12/02/12)

http://demauxenmots.over-blog.com/

 

 

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"Tremper sa plume dans l'incompris

C'est retrouver tous les non-dits

soudain les mots deviennent pleurs

pour laver les maux de son coeur.

 

Elo

(12/02/12)

http://www.confidences-libellule.com/

 

 

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Et l'écume de répondre,

au vent qui se languit

danse, danse avec moi

pour l'éternité.

 

Olga

(14/02/12)

http://olga.au-coeur-des-mots.over-blog.com/

 

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les vagues rugissent

le vent siffle

les mouettes rient en nous encerclant

et le sable sous nos pied

admire l'orchestre

 

 

tilk
(14/02/12)
http://tilk.over-blog.com/

 

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Recouvrer l’encre noire

Qui glisse sur le papier

Revenir à la lettre

Sur le coin de la page

Elle s’étire peu à peu

Bien au centre

Le plaisir de voir s’étendre

L’écriture"...

Pascale-Madeleine
(14/02/12)

 

"Une ombre croit

Dans mille soleils

L'ombre de soi

Devient merveille."

Joëlle
http://joelle.colomar.over-blog.com/

 

 

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Tristes retrouvailles :

 

"- Où es-tu mon amie la mouette? Je suis arrivée avec mon carnet...


- Si je t'ai appelé hier, aujourd'hui je ne me montrerai pas. Veux-tu savoir pourquoi?

C'est l'hiver ici, j'ai faim. M'entends-tu? J'AI FAIM. Pour moi, c'est peut-être la fin."

 

 

 

La mouette ne rit plus

Les plages sont désertes

Et les coques inertes.

Plus d'escales. Le port est nu.

 

La mouette ne mange plus

La mer fait régime. Plus rien

Dans ce ventre, antre du bien

Rien ne s'avale. Son corps n'est plus.

 

(Dinard - poème du 12/02/12)

 

Surtout, ne restez pas sur cette inspiration hivernale. Dan(*) avait raison dans son récent commentaire. Je n'ai pas rencontré beaucoup de mouettes, à peine les ai-je entendu? J'ai écrit ce poème comme une alarme, imaginant leur disparition peut-être seulement parce qu'elles me manquaient. Je savais qu'elles fuyaient les grands froids. Elles sont parties chercher ailleurs leur nourriture de l'instant.

 (*) http://librenecessite.over-blog.com/

 

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uelques instants poétiques :

 

Secret de sirène :

Pour oublier ses peines

Mêler ses larmes amères

aux flammes d'eau, aimer la mer.

 

(Dinard - 12/02/12)

 

Contempler la mer

Ses bleus dans ses verts

Cocktail d'espérances.

 

(Saint Malo -12/02/12)

 

Ressac à l'oreille

de la mer contre mon coeur

Rien n'est pareil

Poésie est sans rancoeur.

 

(Dinard - 12/02/12)

 

 

 

 

 

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 18 Février 2012

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Est-ce que vous me croirez si je vous dis qu’en ce jeudi 9 février alors que nous étions au centre de cette exposition, nous avons mutuellement décidé de ne pas interpeller
 
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 Belzébuth
 
ni
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 Asmodée
 
 
 
et encore moins
 
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Astaroth
 
Ah oui, nous nous étions retrouvées au Musée de la poste pour l’exposition «Sorcières Mythes et réalités»
 
On apprend que les voyantes dites «hystériques et devineresses» sous le règne de Louix XIII étaient condamnées au même titre que les sorcières et la moindre femme «énervée » pouvait être considérée comme «possédée».  
 
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 "Convocation au sabbat de José de La Pena, peintre espagnol - 1938
auteur de 18 tableaux racontant les procès en sorcellerie menés par Pierre de Lancre en 1609 dans le pays de Labord (province du pays basque)
Musée basque de Bayonne
 
En déambulant lentement, chacune de notre côté, tour à tour, nous nous laissâmes impressionner par des scènes de sabbat. Je frémissais de découvrir infanticide, antrhopophagie, licence sexuelle.

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Scène de sorcellerie de David Téniers, peintre du XVIIIe siècle
 
Espace étrange où chaque tableau ou gravure nous regarde, nous invite à explorer et pourquoi pas vivre un instant dans cette dimension des pouvoirs surhumains.

Livres anciens sur les affaires de possession diabolique dans les couvents de Loudun en 1632, à Louviers au milieu du XVIIe siècle exposés comme des tentations pour des apprenties comme nous.  
Les pratiques magiques au gré de petites poupées sculptées ou chiffons piquées plutôt trois fois qu’une m’effrayaient. Oh la petite nature !  
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    Cette page sur cette visite n’est pas vraiment culturelle parce que je ne saurais pas vous informer par un article érudit que vous pourrez aisément  trouvé sur le web mais j’ai beaucoup de joie à commenter notre rencontre.
Il faut que je vous dise avant de vous quitter,  Hauteclaire m’a désenvoûtée devant une tasse de thé.
 
Suzâme
(18/02/12)
 
 
Voici un site qui développe avec justesse le statut des sorcières
   
Voici quelques poèmes inspirés d'un siècle à l'autre, nous sommes loin de la chasse aux sorcières. Les poètes les apprivoisent et cherchent en elles peut-être l'autre visage de leur muse.

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    La ronde du sabbat de Louis Boulanger
(1806/1867)
   

À M. CHARLES N.
 
BALLADE QUATORZIÈME
 
LA RONDE DU SABBAT. 
 
Hic chorus ingenus
… Colit orgia.
Avienus.
N’est-ce pas comme une légion de squelettes sortant horribles de leurs tombeaux ?
Alph. Rabbe.
La lune qui les voit venir
En est toute confuse.
Sa lueur prête à se ternir
À ses yeux se refuse.
Et son visage à cet abord
Sent comme une espèce de mort.
Saint-Amand.
 
Voyez devant les murs de ce noir monastère
La lune se voiler, comme pour un mystère !
L’esprit de minuit passe, et, répandant l’effroi,
Douze fois se balance au battant du beffroi.
Le bruit ébranle l’air, roule, et longtemps encore
Gronde, comme enfermé sous la cloche sonore.
Le silence retombe avec l’ombre… Écoutez !
Qui pousse ces clameurs ? qui jette ces clartés ?
Dieu ! les voûtes, les tours, les portes découpées,
D’un long réseau de feu semblent enveloppées.
Et l’on entend l’eau sainte, où trempe un buis bénit,
Bouillonner à grands flots dans l’urne de granit !
À nos patrons du ciel recommandons nos âmes !
Parmi les rayons bleus, parmi les rouges flammes,
Avec des cris, des chants, des soupirs, des abois,
Voilà que de partout, des eaux, des monts, des bois,
Les larves, les dragons, les vampires, les gnômes,
Des monstres dont l’enfer rêve seul les fantômes,
La sorcière, échappée aux sépulcres déserts,
Volant sur le bouleau qui siffle dans les airs,
Les nécromants, parés de tiares mystiques
Où brillent flamboyants les mots cabalistiques,
Et les graves démons, et les lutins rusés,
Tous, par les toits rompus, par les portails brisés,
Par les vitraux détruits que mille éclairs sillonnent,
Entrent dans le vieux cloître où leurs flots tourbillonnent.
Debout au milieu d’eux, leur prince Lucifer
Cache un front de taureau sous la mître de fer ;
La chasuble a voilé son aile diaphane,
Et sur l’autel croulant il pose un pied profane.
Ô terreur ! Les voilà qui chantent dans ce lieu
Où veille incessamment l’œil éternel de Dieu.
Les mains cherchent les mains… Soudain la ronde immense,
Comme un ouragan sombre, en tournoyant commence.
À l’œil qui n’en pourrait embrasser le contour,
Chaque hideux convive apparaît à son tour ;
On croirait voir l’enter tourner dans les ténèbres
Son zodiaque affreux, plein de signes funèbres.
Tous volent, dans le cercle emportes à la fois.
Satan règle du pied les éclats de leur voix ;
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles…
 
Extrait «Odes et Ballades» de Victor Hugo   La soupe de la sorcière

 -*-*-*-
m060704_0000610_p.jpg"Etude d'un sujet allégorique" de Rubens - 18è siècle 
 
La Loreley
    à Jean sève

À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon cœur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

Guillaume Apollinaire
(1880 - 1918) 
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La soupe de la sorcière

Dans son chaudron la sorcière
Avait mis quatre vipères
Quatre crapauds pustuleux
Quatre poils de barbe-bleue
Quatre rats, quatre souris
Quatre cruches d’eau croupies
Pour donner un peu de goût
Elle ajouta quatre clous

Sur le feu pendant quatre heures
Ça chauffait dans la vapeur
Elle tourne sa tambouille
Et touille et touille et ratatouille
Quand on put passer à table
Hélas c’était immangeable
La sorcière par malheur
Avait oublié le beurre

Jacques CHARPENTREAU

et pour conclure quelques extraits de nos textoésies :

"Retrouvailles de sorcières bien aimées. "Encore deux qui n'iront pas au bûcher", murmure un curé qui les avait remarquées..."
Suzâme

Réponse d'Hauteclaire :
"Car bien sûr elles ne pratiquent que la magie la plus bénéfique. Celle de l'amitié..."

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 4 Novembre 2011

Bonjour,

Cette promenade date de samedi dernier. Je l'ai gardée toute la semaine dans ma tête. Le blog de Hauteclaire était en pause. Je pense à elle, à nos échanges si profonds sur la vie et nos écritures, à son extraordinaire vivacité à surprendre l'insolite et la beauté dans les villes comme dans la nature. Elle connait bien ce lieu magnifique propice aux métamorphoses du vivant et m'a fait découvir l'ilôt central. Nous avons approché des cygnes, des paons et des hérons.

J'ai choisi de mêler photos et poésies de quelques amis, auteurs et les miens (poèmes, extraits, textoésies)

 

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"J'écrivais sous l'arbre et je mangeais ses fruits. 

Dans ses feuilles, j'avais fait mon lit.

J'écrivais sous l'arbre et je buvais sa vie.

Ils ont coupé l'arbre. Ils ont brûlé mon nid

Alors j'écris pour l'arbre.

Contre l'oubli."


Textoésie d'Arthémisia

http://corpsetame.over-blog.com/

 

 

 

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"En automne, nos pas sillonnent surla toile

D'un peintre impressionniste aux subtiles couleurs

Qui séduit le regard ébloui des marcheurs

Tandis que le soleil, de nuages, se voile..."

 

Extrait "Randonnée automnale" de Jean-Paul Villermé

 

http://nanterrepoevie.e-monsite.com/pages/les-auteurs/jean-paul-villerme/randonnee-automnale-poesie.html

 

 

 

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L'automne suit

nos pas

que les feuilles retiennent.

 

Les couleurs de l'âme

jonchent les sentes

secrètes de l'existence.

 

Qui parle de silence

lorsque l'horizon s'enflamme

que les feuilles reviennent ?

 

L'automne suit

nos morts

que les fleurs encensent.

 

Suzâme

(3/11/11)

 

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"L'automne mange le temps

comme un insecte sec

avale le néant..."



Lettres exsangues - 2010

Francis Etienne Sicard (*)


 

 

 

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"...Sois le bienvenu, rouge automne,

Accours dans ton riche appareil

Embrase le coteau vermeil

Que la vigne pare et festonne..."


 

Théodore de Banville (*)


 

 

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Un arbre

Un arbre tremble sous le vent,

les volets claquent

comme il a plu, l'eau fait des flaques.

Des feuilles volent sous le vent

qui les disperse.

Et brusquement, il pleut à verse.


 

Francis Carco (*)

 

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Les feuilles sont les mains de l'arbre.

Alors lorsqu'elles se détachent

parfois par distraction

ou sous l'influence insistante du vent.

Il se replie.


Textoésie de Suzâme

(3/11/11)

 


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Le héron sait l'automne,

parle aux feuilles de la mort,

croit aux couleurs du silence.

 


Suzâme

(4/11/11)

 

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Qui fuient? les cygnes

au moindre geste de l'homme

au moindre signe de l'automne. 


Suzâme

(4/11/11)

 

(*) Site : Poética    

 


 

 

 


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Publié le 27 Octobre 2011

 

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Poussières de soleil

Premiers signes du désert

Où l’âme se retrouve

Au rythme de ses pas.

 

 

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La terre s’est essoufflée

Fatiguée de patience

Aucune fragilité. Aucun rêve

Au rythme de sa vie.

 

 

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Poussières de couleurs

Premiers éclats, jouissance

Et l’âme se perd

Au rythme de l’univers.

 

Suzâme

(25/10/11)

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Publié le 27 Octobre 2011

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DIVERSOC2011-029.jpg


La terre s’est essoufflée

Fatiguée de patience

Aucune fragilité. Aucun rêve

Au rythme de sa vie.


DIVERSOC2011-038.jpg

 

Poussières de soleil

Premiers signes du désert

Où l’âme se retrouve

Au rythme de ses pas.

 

 

DSC00437.JPG

Poussières de couleurs

Premiers éclats, jouissance

Et l’âme se perd

Au rythme de l’univers.

 

Suzâme

(25/10/11)

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Publié le 27 Octobre 2011

camargue-008.jpg

 

Tendres juments

 

Elles attendent fantômes

Auprès d'un arbre dénudé

Cavaliers de l'éternité.

 

Elles s'étonnent du vent

Auprès d'une rivière asséchée

Avides de quelque don juan.

 

L'une s'évade avant la manade

Ivre de vie, libre de rêves

Sauvant son âme de nomade.

 

L'autre s'étend comme femme

Eve de vie, fille de sève

Lissant sa crinière de flamme.

 

(23/10/11)

 

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Licornes au galop

Blanches déesses de l’osmose

Crinières de tendresse

Caressées par le vent.

 


(26/10/11)

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Publié le 27 Octobre 2011

 

Garrigue

 

Mots secs et chauds

Galops

Licornes de lumière


 

Garrigue

Mots sûrs et beaux

Galops

Purs sangs que libèrent

 

           La vie.

 


(22/10/11)

 

 

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Le long de la garrigue

Quelques signes sans mots

Empreintes du soleil

Epris du silence.

 



(24/10/11)

 

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Ecume d’écriture

 

Surprendre les étendues

à l’encre de sel

Ecrire sur le sable

l’infini du ciel

Rejoindre la table

de la poésie entendue.

 

                Là, dans le silence.               


(22/10/11)

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Fr.freepik.com 

 

 

Deux hérons sur la plage

Que le soleil éclaire

Se parlent de paysages

D'un été qui n'en a plus l'air.

 

Ils avancent l'un vers l'autre

Pas de danse sur l'eau

Une souche d'arbre pour apôtre

De leur amour qui n'ose que le beau.

 

Suzâme

(22/10/11)

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