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Publié le 10 Novembre 2012

 

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Un petit bout de mon "ailleurs" en compagnie d'Arthur Rimbaud

 

 

Bonjour à toutes et tous,

 

Après le cimetière, les pensées à plus de midi, s’estompent et l’estomac a son mot à dire…  «Il est l’heure…» et c’est ainsi que nous nous sommes installés dans le petit restaurant le plus proche de Rimbaud dont l’enseigne nous avait interpellés «Au dernier sou».


Des surprises s’enchaînent. A commencer par la décoration. Un mur peint avec le portrait de Rimbaud, les cheveux en bataille et le poème «Le Dormeur du Val» :



link


Une ressemblance d’après photographie qui a le mérite de nous mettre dans un cadre propice à la poésie.

 

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Poésie murale 

Puis le patron nous tend la carte des menus avec en 1ère page, s’il vous plait, à nouveau un portrait de Rimbaud et en dernière page ses rimes gourmandes et coquines «Au cabaret-vert » que je ne connaissais pas. 

 


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Rimbaud toujours, au dos de la carte des menus

 

Est-ce un petit coup de folie ? J’ai pensé emporter avec moi cette présentation de menu inattendue. Mon époux devine mon désir. Il est prêt à se procurer ce document qui me perturbe un instant. Bien sûr, il n’y aura aucune suite, pensez-vous,  au prix du marketing !

Rimbaud jusqu’à notre table… Ce n’est pas fini. Arrivés au dessert, puis au pousse-café,  soudain le patron dit à voix haute tout en me regardant, le fameux :

 

Au cabaret-vert

Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

 

 

Source : Poésie.web.net.fr

 

 

 

 

Ah ! Quel art que de déclamer avec aisance en ce lieu convivial certes mais tout public, une poésie si visuelle et charnelle. J’ai interprété son intervention inespérée comme un cadeau. Il nous a confié qu’il y a quelques années, il organisait des rencontres en hommage au poète de Charleville. Même dans l’émotion, je n’ai pas manqué de lui exprimer ma reconnaissance.

 

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Maison de la famille Rimbaud


Nous voilà en route pour la maison familiale (1869/1875) située face à la Meuse et non loin du Musée. La famille a habité pendant 6 ans le 1er étage.

La ville la transforme en «Maison des ailleurs»

link


"La maison où Madame Rimbaud a emménagé en 1869 est aujourd'hui ouverte au public. Pendant six années, jusqu'en 1875, les quatre enfants Rimbaud et leur mère ont logé au premier étage. Cette maison est très significative parce qu'elle correspond exactement à la période de création poétique. Aujourd'hui, la Maison des Ailleurs se doit d'évoquer cette effervescence poétique et les départs incessants vers les villes et contrées qui fascinaient Arthur Rimbaud. Véritable espace de voyage, la Maison des Ailleurs permet au visiteur de suivre son propre parcours dans cet espace ouvert sur l'imaginaire. Dans chaque pièce, une carte géographique est sérigraphiée au sol comme un repère à l'errance et l'on passe ainsi de Stuttgart à Londres, de Charleroi à Bruxelles, d’Aden à Harar... Projections de films et de textes dans l'encadrement multicolore des fenêtres, sonorisation des pièces. Comme disait le poète : « il faut se faire voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ». Déconcertant, étonnant, cet hommage que Charleville-Mézières rend en permanence à son poète ne peut laisser indifférent. Dans la cour intérieure, une résidence pour écrivains et artistes est aménagée. Ainsi, dans la magie des lieux, se poursuit, face à la Meuse qui inspira au poète « le bateau ivre », l'aventure de l'écriture et de l'imaginaire."

 

Source : site Charleville-Mézières

 

Quelques détails complémentaires sur Culture.fr link , une vidéo : ink

un visuel : link 

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Arthur Rimbaud par d'Ernest Pignon

 http://www.pignon-ernest.com/p/rimbaud.html

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Sac proposé par le Musée A. Rimbaud à Charleville Mézières

Sa ville organisait depuis le 12 octobre dernier un "festival international de poésie" :



 

Est-ce parce que je ne suis pas une grande voyageuse ou est-ce parce que Rimbaud m’a évitée, las de mon classicisme ? Je n’ai pas été sensible à cette virtualité en sons et en images sur les murs. Seules une voix aux accents profonds ressuscitant "Le bateau ivre" link ou quelques extraits de correspondances me laissaient un instant suspendue à l'invisible ailleurs si propice aux imaginaires. Le poète prodige n'a-t-il pas choisi de quitter l'abstraction pour l'action en traversant les frontières et les déserts?

 

En nous approchant de la Médiathèque «Voyelles », j’écoute ma curiosité en laissant mon époux se promener dans les rues non loin de la Place Ducale, puis intuitivement je suis quelques personnes pour finalement m’installer dans un auditorium qui se remplit progressivement.

Cette fois-ci Rimbaud est présent avec toute la fougue de sa jeunesse. Dans le cadre d’une manifestation organisée par la municipalité «Les ailleurs», la médiathèque accueillait Denis Perrette link et Philippe Billoin aux claviers avec ce bel intitulé : «Poètes d’ici, marcheurs et vagabonds».

De belles émotions à l’écoute de quelques textes fameux : «Les Poètes de 7 ans»
 
link
   de Rimbaud, 
"Dans les bois" :link 
de Verlaine.
La voix de Denis Perrette provoque, bouscule, attache comme s’il vivait chaque vers.

 

 

Je ne suis pas restée jusqu’au bout de cette belle rencontre mais j’ai découvert grâce à cet ambassadeur  de la poésie des «ailleurs », le poète et marcheur Franz Bartelt. Philippe Billoin aux claviers nous donna à entendre parmi des sons psychédéliques, vecteurs de songes, la vie d’un cœur battant inlassablement, celui de la poésie.

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A gauche, Franz Bartelt, à ses côtés Denis Perrette

link


Autres liens sur Franz Barteld :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Bartelt

http://www.francopolis.net/Vie-Poete/Bartelt-avril2011.html


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Rédigé par Suzâme

Publié dans #séjours, voyages

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Publié le 1 Novembre 2012

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Nous n’avions pas besoin de prendre rendez-vous et il n’y eut pas d’accolades. A sa première apparition Place Ducale,

 

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j’ai faibli en reconnaissant ses yeux d’adolescent. Ils avaient quelque chose de dérangeant. C’est lui qui m’a approchée, sentant mes réticences, ma peur peut-être. Qu’avais-je à lui dire au fond ! Que je ne l’avais pas lu depuis longtemps mais que je me souvenais de vers entiers de «Ma bohème» et de «Sensation» ?

A l’insu de mon époux attiré par les terrasses ensoleillées, me déconcertant, il me murmure à l’oreille :

«…La voix de la pensée est-elle plus qu’un rêve ?... ».

Je panique, bégayant : « Po – poésie transpose pensée... »

 

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Puis il a disparu. Je savais que je le retrouverai autrement au Musée qui lui était consacré.

 

 

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http://www.charleville-mezieres.fr/Culture-patrimoine-et-jumelages/Rimbaud-et-Charleville-Mezieres/Les-musees

 

Je me suis précipitée vers les manuscrits pas tous originaux hélas, tentant de les photographier sans vraiment de succès puisque la lumière m’en empêchait. J'étais frustrée de ne pas pouvoir voler cette écriture encore si vive à travers les vitres. Lire le courrier adressé à son professeur de rhétorique Georges Izambard, c’est partager ses confidences, les lectures à sa disposition et quelques poèmes puis soudain mon regard s’attarde sur son expression « …ma vie a dix-huit ans compte tout un passé… ».

Serais-je un jour autre chose qu’une femme pensive ? Ici, non.

http://www.mag4.net/Rimbaud/LettresIzambard.html

 

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Fragment d'écriture, signature d'Arthur Rimbaud

 

J’ai apprécié d’être seule en quête du poète, de son enfance, de sa jeunesse, apprivoisant chaque photo, dessin qui nous le restituaient dans ses débuts et le poursuivant jusqu’à Paris puisqu’il fut demandé et accueilli par Verlaine, puis logé par la suite par Théodore de Banville.

Pendant l’automne 1871, il fréquenta le cercle des «zutistes», hôtel des Etrangers, quartier Saint Michel. Aux côtés de son ami Paul, de Charles Cros et quelques autres, ils se livraient  aux moqueries,  à la caricature d’artistes et poètes concurrents appelés les Parnassiens autour du poète Leconte de Lisle. Etaient-ils si différents ? Rimbaud excellait dans l’audace et l’espièglerie littéraire. Cernant le style des poètes les plus reconnus. Nous trouvons une trace de leur ébullition à base de parodies de poèmes jugés trop classiques dans l’Album zutique publié en 1943.

http://rimbaud-arthur.fr/

http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Album.html


J’ai entendu à nouveau sa voix - et je ne suis pas Jeanne  - dans une autre pièce, celle des correspondances… Quelques sueurs sur mon cœur puis je suis allée sur ses traces…

« …Car JE est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident . J'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène… »

Je me suis précipitée pour parcourir sa fameuse lettre à Paul Demeny, dite «Lettre du voyant». Son langage si savant pour son âge, son affirmation, son sens critique…

Et soudain, presque brutalement, de nouveau, il m’apostrophe, me bouscule et me crie :

 

 

«… La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière. Il cherche son âme, il l'inspecte, il la tente, l'apprend. Dès qu'il la sait, il la doit cultiver : cela semble simple : en tout cerveau s'accomplit un développement naturel ; tant d'égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d'autres qui s'attribuent leur progrès intellectuel ! - Mais il s'agit de faire l'âme monstrueuse : à l'instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s'implantant et se cultivant des verrues sur le visage. 

Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant… »

Et me souvenant d’une de ses pensées magistrales, je lui réplique discrètement :

«…Donc le poète est vraiment voleur de feu… » et j’entends son rire résonner uniquement dans ma tête. C’est ce que j’appelle encore ma folie douce.

En repartant, un peu pressée par une délégation venue probablement pour le vernissage de l’exposition de Zanzucchi, articte-platicien link , j'ai remarqué la bibliothèque du Musée consacrée à Rimbaud… Ah j’y serais restée des heures à parcourir, à me suspendre à ses vers sous tous les formats et toutes les éditions francophones. J’avais apporté pour mon séjour «Rimbaud l’heure de la fuite» d’Alain Borer qui m’accompagne encore pendant ma période rimbaldienne et avait noté dans mon carnet parmi quelques écrits divers :

« …Distinguons avec lui la Poésie du poème : la Poésie est une essence pure, le poème n’en est que l’accident. Toute l’entreprise du poète fut de saisir l’un dans l’autre : de faire coïncider l’essence de la Poésie dans l’existence du poème… »

 

Je ne souhaitais pas quitter Charleville-Méziere sans me rendre sur le caveau de la famille Rimbaud.201020121162.jpg

Caveau de la famille Rimbaud

Cimetière de Charleville Mézières


 

Ce n’était pas pour prier. Alors était-ce du voyeurisme primaire ?

 

Mon époux, se tenant à distance de mes préoccupations soudaines, j'ai fixé cette tombe simple, guettant un message de mon fantôme du moment.

C'est bien lui, c'est Rimbaud qui me souffle, me répéte, jusqu’à ce que nous repartions de ce lieu doublement ensoleillé par l’astre brûlant malgré l’automne et mon âme ravie :

«… La vraie vie est ailleurs… »

Et je cède un peu plus discrètement à l'envie de lui répondre : "Tu ne l'as jamais écrit ainsi puisqu’à vingt ans tu as affirmé dans «La Vierge folle» que «… La vraie vie était absente… » 

http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Vierge.html


Avant de franchir le portail du cimetière, mon mari m'a signalé une boîte aux lettres destinée au célèbre défunt.


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Je vous réserve pour la seconde partie de notre visite à Charleville Mézières, la belle anecdote de notre déjeuner au restaurant «Au dernier sou», ma visite à la Maison natale d’Arthur Rimbaud et dans le cadre d’une manifestation «Les ailleurs» quelques mots sur ma découverte de Denis Perrette à la Médiathèque «Voyelles».


Merci pour votre enthousiasme à me suivre et je vous invite à découvrir les différents liens qui vous éclaireront davantage que mes heureuses divagations. A bientôt pour la suite.

Cordialement.

Suzâme

(18/10/12)


N.B. Suite au commentaire de Carole Cholet, voici le lien sur un article "Arthur Rimbaud sur les murs de la ville" qu'elle a publié en septembre dernier sur le poète link

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #séjours, voyages

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Publié le 25 Octobre 2012

 

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Bonjour à toutes et à tous,

 

J’ai la tête encore pleine des couleurs contrastées des forêts ardennaises et de nos visites et rencontres.

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Nous sommes arrivés à Sedan, vendredi pour déjeuner. Le soleil et le château nous attendaient. Le château fort serait le plus grand d’Europe du Moyen âge. On doit à Evrard de la Mark, un riche seigneur allemand, en 1420, la décision de le faire bâtir.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Sedan

 

Une forteresse bien entretenue qui permet aux visiteurs de circuler de la Salle du Rocher


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 (salle du rocher)

 

en passant par la « Première Salle de Garde » et de longer la « Galerie des Princes » pour nous rendre sur les remparts à une hauteur idéale pour contempler les alentours dessinés par les boucles de la Meuse.

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Fragment d'un tableau représentant la guerre de Sedan en 1870


dans la Galerie des Princes, également cette partie d'une oeuvre incarnant la violence de cette guerre.


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Massacres de la guerre de 1870

 

Je ne m’attarderai pas davantage puisque tout ce que je vous écrirai serait insignifiant face à tout ce que vous pouvez découvrir sur ces liens

http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/geographie/r/ardennes-1/d/a-la-decouverte-des-ardennes_828/c3/221/p2/

http://www.chateauxmedievaux.com/chateau-sedan.php

http://www.autour-des-chateaux.com/feuille.php?page=sedan

mais je terminerai sur la Salle Du Panorama, qui du 16e siècle nous entraîne de 1870 date à laquelle Napoléon III a déclaré la guerre à la Prusse. De la bataille de Sedan jusqu’en 1945, l’immense forteresse traverse ainsi trois guerres. Est exposée une magnifique maquette de la ville Sedan en 1830 réalisée à partir de plans conservés par le service des archives du Musée.

http://www.histoire-sedan.com/index.php?r=7&s=13

 

 

Avant de nous rendre à Bazeilles, j’ai envie de partager cette photo prise dans la Salle Turenne de Charlotte de la Marck signant  le 15 octobre 1591, son contrat de mariage avec Henri de la Tour d’Auvergne,  Prince de Sedan.

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Charlotte de la Mark dans la salle de Turenne

 

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 Château de Bazeilles

http://www.chateau-bazeilles.com/



Nous sommes allés dans les Ardennes, attirés par notre amie Nathalie Bougaeva, pianiste professionnelle qui donnait un récital à l’Orangerie, le lendemain soir. (sauf cas de force majeure)  Je publierai prochainement une page spéciale afin de partager les morceaux et les émotions de cette merveilleuse soirée.


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Quel bonheur que d’arriver dans un parc automnal et découvrir son édifice du 18e s. même en travaux. Le propriétaire des lieux et de l’hôtel était avenant et nous donna toute liberté de nous promener dans ses allées bordées d’arbres grandioses.

 

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Pavillon d'amour 

 

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Détail au-dessus de la porte d'un des pavillons d'amour

 

Je ne m’en suis pas privée et voici quelques photos de mes étonnements et contemplations. Je n’ai pas écrit de poèmes. J’étais dans un autre monde où la poésie réunissait la nature et l’Histoire dans une harmonie confondante.

 

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Ruisseau de la Givonne dans le parc du Château de Bazeilles


Dans le hall d’accueil et depuis la salle des petits-déjeuners, j’avais repéré des peintures aux couleurs vives et si vivantes que j’avais vraiment du plaisir à les retrouver lors de mes allers et venues. C’est surtout un triptyque qui m’attira pour sa mouvance floue et voluptueuse. J’eus la chance de faire connaissance avec l’artiste-peintre, Thérèse Bisch qui a son atelier à Paris. C’est à la demande du propriétaire qu’elle a composé sur le thème de la danse et du cabaret. Voici avec son accord, la photo de son triptyque envoûtant. Avant de nous quitter, je ne l’oublierai jamais, elle m’a attirée vers un de ses tableaux, en me disant «La peinture, cela se touche». Ce que j’ai fait par une caresse furtive sur les couleurs de l’instant.


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Triptyque à l'accueil de l'Hôtel du Château de Bazeilles signé Thérèse Bish

http://www.theresebisch.com/

 

Je partagerai avec vous les grands événements de mon séjour en plusieurs articles de façon à ne pas faire trop long et de me permettre à la fois de retourner vers vous, vers vos récentes publications et aussi pour moi de participer à quelques propositions et défis d’écriture sans tarder.

Je prévois au moins les trois pages suivantes

  • Nathalie Bougaeva 

un peu de  Chopin link

  • ma rencontre avec Rimbaud à Charleville Mézières

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Affiche  RIMBAUD, trafiquant d'âmes

sur un mur du restaurant "Au dernier sous" à Charleville Mézières

et une dernière sur l’incommensurable forêt des Ardennes et quelques boucles de la Meuse murmurant des légendes.

 

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Suzâme

(25/10/12)

 

N.B. Je vous remercie de votre indulgence concernant la qualité des photos. J'espère progresser en me préparant davantage dans ma nouvelle activité de "promeneuse reporteur-poète."

 

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 9 Octobre 2012

Bonjour à toutes et tous,

 


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"A l'orée" du Château de Montsoreau

 

Comment revenir vraiment d’une région qui enchante. Ce matin encore je notais quelques confidences de la Comtesse de Montsoreau. Est-ce parce que Pénélope avait rêvé mon séjour comme une vision romanesque ?

link 


De mon côté je ne vous apprendrais rien sur SAUMUR, ville si altière et accueillante. 


J'ai relevé pour vous un poème du XVIème siècle. Oh combien j'ai été saisie par ces quelques vers  :

 

 

"Quand ce dur printemps je voy
je cognois
tout malheurté au monde.
Je ne voy que toute erreur
et horreur
courir ainsi que fait l'onde."
(La chanson nouvelle du printemps retourné sur le temps qui court, anonyme, 1586)


 

Je vous avoue avoir été très inspirée. Nous nous y sommes rendus dès le samedi après-midi. Ce château bien situé sur la Loire est une invitation aux rêveries. Je ne vous communiquerai pas d'informations historiques, ma plume n'a pas cette compétence. Comme vous le savez, je suis plutôt contemplative, alors voici un lien qui vous donnera envie de découvrir un lieu à l'origine du célèbre roman d'Alexandre Dumas "La Dame de Monsoreau" publié en 1848.



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http://www.chateau-montsoreau.com/

 

 

Tandis que nous nous promenions dans les anciennes caves voûtées, j'imaginais toute une activité de stockage, de remue-ménage de toutes ces garnisons en escale. Est-ce fantôme dans les escaliers étroits, l'effet des meurtrières, je fus prise de poésie, une maladie bien connue dans la région. Voici quelques vers :

 

Qui faut-il être…

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(Photo du château de Saumur)

 

Histoire !

Si ton corps est forteresse

qui faut-il être

pour tournoyer

autour de tes tours et tourelles

effleurer

tes clochers si pointus

s’exalter

à l’appel de tes carillons fidèles

contempler

tes cavaliers de lumière

prendre

ta force souterraine

s’éprendre

de tes pierres au cœur blanc ?

 

 

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(photo du château de Montsoreau)

 


Histoire !

Si l’amour hante le temps

légendes inspirent

de se perdre

en ton château encore ébloui

poursuivre

la fougueuse romance

entre l’amoureuse émouvante

et son amant éperdu, conquis.

 

Histoire !

qui faut-il être

pour te succomber ?

 

Un oiseau d’éternité ?

 

 

(Saumur et Montsoreau, le 8/10/12)

 

Avant de divaguer sur le Château de Saumur, j'ai envie de vous faire partager quelques confidences de Françoise de Maridor, épouse du Comte de Montsoreau, sur ses amours avec le Seigneur Bussy d'Amboise.

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site: liveinternet.ru

 

Confidences de comtesse :

Ah l’amour, c’est autre chose

Inondée d’irrésistibles roses

J’ai toujours préféré caresses.

 

Ah l’amour, c’est bien autre chose

J’attendais bouquet de baisers

Secrets de mon amant ailé

Il a toujours aimé mes poses.

 

Dans mon château complice

Nous enlacions nos âmes

De nos bras-lauriers sans vice

Voyez encore nos flammes !

 

 

 

(En souvenir du Château de Montsoreau, le 9/10/12)

 

 

"A l'orée" de Montsoreau, j'ai croisé le Comte encore si malheureux. Je crois bien qu'il ressassait en secret toutes ses peines.  Les escaliers de chair pleurent ses larmes de pierre. N'est-il pas à ce jour encore et à jamais inconsolable?

 

Et voici le château de Saumur

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dont la première fortification date de 962... Je ne vous en écrirais pas plus, son histoire traverse des siècles jusqu'au XVI où il devient place de sûreté pour les protestants (1589). Voici un lien qui vous en dira bien davantage :


link

Je me sentais si bien à regarder partout l'architecture face à la nature que j'ai griffonné sans cesse comme une voleuse de paysages :

 


La ronde des tours

 

Tours, tournants

L’âme virevolte

et s’approche.

 

Tours, atours,

L’âme parade

et s’épanouit.

 

Tours, retours

L’âme se balade

et s’évanouit

 

Sur un lit de tendresse

Au fond de l’encre caché

Passion des caresses.

 

Tours, tourments

L’âme radote

et tant reproche

 

 

du temps forteresse

des secrets emmurés

trahisons vengeresses.

 

 

Tours, détours

L’âme s’affole

et se souvient.

 

Tours, amours

L’âme s’envole

et puis revient.

 

 

(séjour Saumur et environs, le 8/10/12)

 

 

 

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La Loire est le lit

des poèmes lus

par le ciel.

 

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Je vous invite à lire un très beau poème "La Loire" de Jean-Paul Villermé, poète et randonneur, peu après son profil :

 

link

 

J'espère que vous accepterez cette page arrachée d'un carnet de notes pensives. J'ai le sentiment d'avoir été visité par les songes. Alors que je me promenais dans l'Histoire, je n'ai pas su vous la raconter.

 

Pourvu que vous ayez l'envie de traverser le temps jusqu'ici, à Saumur, ville que nous avons particulièrement aimée.


Nous reviendrons parce nous n'avons pas assisté aux représentations du Cadre noir link . Et puis il y a tant d'autres châteaux, abbayes, troglodytes... et puis... de si belles rencontres en pespective.

Suzâme
(le 9/10/12)

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 15 Septembre 2012

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Bonjour à toutes et à tous,

 

 

 

Qu'il est bon de partir, en quête de paysages et de poésie! Qu'il est bon de revenir avec le sentiment de m'être nourrie par  le regard. Et justement voilà la plus petite des fenêtres du gîte qui nous attendait. La propriétaire charmante link avait déposé sur son rebord quelques galets... Une délicatesse pour des inconnus qui presque intrus vont occupés la maison.(* )

Je souhaitais commencer cet article en insérant une photo de coquelicots parce ces fleurs m'ont tellement inspirée mais l'essai n'est pas concluant.

 

 

 

 

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Nous avions choisi les marais vendéens sans savoir que nous saurions conquis par leurs étendues. Une palette de verts qui m'inspira pendant que je promenais notre chien sur les chemins interminables.

 

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Nous étions situés entre Noirmoutier link, Beauvoir-sur-Mer link et Pornic link en Loire-Atlantique.   Quel bonheur de traverser le passage du Gois entre deux marées pour rejoindre l'île apprivoisée. Je ne suis pas pêcheuse à pied non pas que je fuis la gadoue et le parfum des praires ou des palourdes mais je suis là, peut-être bêtement, pour contempler cette vie magnifiquement simple à portée d'âme.

 

 

 

 

Voici mes quelques poèmes de Vendée

 

 

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A l'affût

 

 

 

L'insecte

 

le poète

 

à l'affût

 

des boutons d'or.

 

Au-delà du décor

 

le chemin s'ouvre...

 

 

 

(14/05/12)

 

 

 

 

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Il y a

 

 

 

Iy a chardons et ronces

 

Cent griffes de l'existence

 

et les papillons pour l'enchantement.

 

Tout est là pour l'âme

 

qui s'emplit de tout ce que l'être annonce

 

de beauté et d'espérance

 

tout ce que l'humanité réclame.

 

 

 

Il y a l'étang

 

vase de vestiges noyés

 

et entremêlés nos rêves d'enfant.

 

 

 

(14/05/12)

 

 

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Vagues d'herbes...

 

 

 

Vagues d'herbes

 

Caresses du vent

 

Et le jour acquièce

 

Ce mouvement d'amour

 

 

 

Gestes de fleurs

 

Tendresse du temps

 

Et le jour confesse

 

ses songes à rebours.

 

 

 

(15/05/12)

 

 

 


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Tout ce qui vient de la mer...

 

 

 

 

 

Tout ce qui vient de la mer

 

Révèle le regard.

 

 

 

Les coquillages sont des signes

 

sublimes prémices à la poésie

 

sur le parchemin de sable.

 

Les algues sont des lettres

 

subtile obsession de l'art

 

sur la transparente étendue.

 

Les galets sont des poèmes

 

secrets éternels de la vie

 

sur la joue de l'univers.

 

 

 

Tout ce qui revient de la mer

 

renouvelle le regard.

 

 

 

(15/05/12)

 

 

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J'écris au gré du vent

 

 

 

J'écris au gré du vent

 

comme l'oiseau plane, s'étend

 

La beauté m'est alliance.

 

 

 

J'écris au gré des rêves, des choses

 

comme papillon se pose.

 

L'amour m'est existence.

 

 

 

J'écris au gré des cris

 

comme l'animal se replie.

 

La solitude m'est ressemblance.

 

 

 

J'écris au gré des pleurs

 

comme l'être délivre son cœur.

 

La poésie m'est importance.

 

 

 

(15/05/12)

 

 

 

 

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Ailes en attente...

 

 

 

Ailes en attente

 

l'être se contente

 

auprès de l'arbre

 

de vivre attaché

 

à la terre qu'il a blessé

 

mais à la mer qui se cabre

 

l'être se lamente

 

ailes démentes.

 

 

 

(17/05/12)

 

 

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Que les herbes m'insufflent

 

l'art des influences

 

Poésie des vents

 

contre les pas des insultes

 

Poésie des sens

 

contre le bruit de l'indifférence.

 

 

 

(19/05/12)

 

 

 

 

 

   Deux textoésies

 

 

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 Dans la vase...

 

 

Embryons de vers

 

mêlés aux algues

 

Soleils en attente

 

enfouis sous le vert.

 

 

 (en pensant à la nouvelle communauté d'Hauteclaire link)

(16/05/12)

 

 

    17052012565

 

 

Coquelicot fragile corps

 

Aux rouges splendeurs

 

Où est ton cœur ?

 

 

 

(17/05/12)



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       http://lylitop.canalblog.com/archives/2011/week18/index.html

Danseur des marais

 

à l'élégant plumage

 

Quelques pas sur l'eau

 

qui s'abandonne

 

et c'est l'envol.

 

Chorégraphe solitaire

 

caressant le firmament

 

Fier, il se donne

 

sans note ni serment

 

Le héron blanc.

 

 

 

(26/05/12)


Devinez... voici un écho de link

Dans une si douce atmosphère
Mon coeur ne peut que vibrer
Au vent, à l'herbe , à la mer,
Aux oiseaux, algues et galets.

(reçu le 15/09/12)

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 Mon premier coquelicot rose découvert
parmi la foule de coquelicots rouges en arrivant au gîte

 

 

    Petit clin d'oeil à la propriétaire parce que nous avons eu de beaux moments de partage alors que nous ne nous connaissions pas. Voici les coordonnées de son blog : http://bordoredesnuages.blogspot.fr/

 

  Je suis heureuse à l'idée de vous retrouver de plume en plume. Progressivement je prendrai mon envol pour me poser chez vous. J'ai tellement envie de vous découvrir, de vous explorer.

Mon retour est et sera lent parce que je suis revenue la tête chargée comme une mouette heureuse d'avoir regardé, senti, pensé, rêvé...

Je répondrai dans un premier temps à vos commentaires et lancerai un textoésie, publierai la revue hors-thèmes n°2 de toutes vos publications dans la communauté.

Merci pour votre participation, votre compréhension, votre intérêt et votre constance.

 

    Suzâme

(25/05/12)

   

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Rédigé par Suzâme

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Publié le 29 Août 2012

 

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Il vaut mieux s'élancer vers la mer que la laisser, la quitter… Je l’ai encore dans ma tête, sonore comme une symphonie. Je me suis longuement promenée sur la côte du Val de Saire par tous les temps pour prendre tout de cette beauté incarnant toute la dualité humaine, violence et sérénité.

 

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Si j’ai encore et toujours la mer dans les mots, je choisis cet extrait de «La ballade de l’eau de mer» de Federico Garcia Lorca

«La mer

Sourit au loin

Dents d’écume

Lèvres de ciel… »

 

(lire le poème) link

 

 

Après m’être laissée impressionner par ces paysages marins, j’ai écrit quelques vers comme possédée par ses couleurs, sa turbulence…

La solitude face à l’horizon donne fierté au silence, implicite langage.

 

J’ai fait un pacte avec la mer.

« - Pour une fois, soyons seules

Comme avant, laissons les vents

Caresser nos épidermes unis

Laissons le firmament

Nous donner espaces et pastels

Laissons ironiser les mouettes.

Je prendrai la fougue de tes vagues

Et me livrerai chair et âme

Comme femme amoureuse.

Laissons ces rocheux rivages !

Ô mer, j’aime si fort votre visage.

 

-          Je ne vis que pour recevoir

Et rejeter telle est ma seule réalité.

Mes danses ne s’offrent  qu’à l’instant

Je n’ai pas de cœur et mes dents

Sont dentelles d’écume.

Laissons à la passion, vibrer nos sens

De l’intérieur au large de nous-mêmes

Laissons se noyer le temps

Et mémoire retrouver ses coquillages.

Si tu veux, je serai ta berceuse. »

 

(Fermanville, le 23/08/12)

 

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Nous nous sommes promenés sur le très beau site appelé «Nez de Jobourg». Plus alerte, j’aurai suivi ces sentiers presque vertigineux.

 

Le Nez de Jobourg : link

 

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Un vrai lieu pour les randonneurs expérimentés et les photographes épris de paysages côtiers.

Tout est gigantesque dans ce face à face entre l’être et la mer.

 

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Avant de partager mes écrits du bord des vagues, voici un extrait de poème de Pablo Neruda :

 

«Quand la vague a frappé sur la roche indocile

Qu’éclate la clarté en instaurant sa rose

Le cercle de la mer s’amasse en une grappe

et pend en une seule goutte de sel bleu…»

 

(lire le poème) link

 

 

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Puis nous sommes allés à Barfleur mais le temps n’était pas au rendez-vous. La mer était aussi grise que le ciel. La ville nous accueille avec son port de pêche et de plaisance. De quoi apprécier un environnement changeant au rythme des marées. Les rochers se dénudent et donnent envie de les parcourir avec habilité et pour les habitués de profiter de leurs présents.

 

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J’étais en poésie à chaque pas, à chaque pose, le regard épris des couleurs dansantes, captant cette osmose entre ce ventre d’eau en gestation perpétuelle et le firmament pour écrire un peu plus loin, discrètement, passionnément…

 

La mer nous dit tout

Ce que nous rêvons d’entendre.

Ses baisers de mots s’inscrivent

Sur l’immense page de sable

D’un astre patiemment attendri.

Il est son origine et son seul livre.

De ses vagues toujours s’éprendre

Baigner notre regard impressionnable

Sauver son ventre, antre de vie

 

(23/08/12)

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Juste un souffle de mer

De ses confins, l’entendez-vous ?

Là où vous ne contemplez que du vert

Elle donne son âme aux fous.

 

Goëlands, étranges poètes

Errants et visionnaires

Mutants, esprits sans tête.

Elle s’abandonne à la terre.

 

(21/08/12)

 

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Elle est à marée basse

La mer initie à ses rythmes changeants

Des débutantes qui se délassent

Des vagues insouciantes du temps.

 

Elle est à marée haute

La mer transmet ses passions d’origine

Se vante, désirs, crimes, fautes

Et recommence pour renaître divine.

 

(19/08/12)

 

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Mais que serait la mer sans le vent ? Et nous-mêmes ? Etre frôlés, giflés ou se sentir comme suspendus, ou encore entraînés…

 

Poème au vent

 

Que le vent accueille

de ses caresses tous les replis

d’ailes et de feuilles

tous les refus d’un cœur empli

 

d’extases, toute la pudeur

des sens sous son joug impulsif.

Que le vent soit créateur

d’éveils, de poèmes intuitifs.

 

(26/08/12)

 

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J’ai eu plus de mal à revenir chez nous, en l’Ile-de-France comme retenue par cette beauté renouvelée qui m’attire et m’impressionne toujours autant depuis l’enfance. Maintenant j’y suis et vous livre cette page pleine de soleil et d’embruns.

Je reviendrai lentement vous visiter, vous répondre, repoussant un peu encore le temps, celui d’une rentrée, source d’autres réalités.

Amicalement.

Suzâme

(28/08/12)

 

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Publié le 19 Juin 2012

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 Cathédrale Saint-Etienne à Châlons-en-Champagne

Trop court, ce séjour a réjoui mon cœur à l’idée de retrouver mon amie Natalia, de découvrir sa famille, son lieu de vie et sa ville où elle habite depuis un peu plus d’un an qui la passionne tant. Quel guide précieux et chaleureux !

 Nous n’étions jamais venus dans cette région où trois villes se toisent dans l’adversité historique et commerciale :

 Reims, http://www.reims-tourisme.com/reims-champagne/decouverte-et-patrimoine.aspx

Châlons-en-Champagne

http://www.chalons-tourisme.com/patrimoine-religieux-chalons-en-champagne.php

 et Epernay http://www.ot-epernay.com/index.php/histoire

 

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Caisse des dépots ou fameux château du marché

 

La ville nous accueille avec trois beaux jardins ou jards entourés d’eau  dont un "à la française de cette belle ville entourée d’eaux, la Marne, le Mau, le Nau.

 

Comme nous avons un chien, nous nous sommes tout d’abord promenés dans les trois jards. Le premier nous accueille avec cette maison classique en reflets sur l’eau - de quoi troubler le poète et sa quête des reflets d’un autre monde – et notre balade se poursuit à la rencontre de 4 belles sculptures de C. Carrillot Inca (1996) incarnant les saisons que vous pouvez mieux contempler  sur ce lien : 

http://www.mes-ballades.com/51/ville-chalonsenchampagne.htm

 Voici les 4 muses et haïkus de saison choisis pour répondre à leurs charmes poétiques :

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L’automne

 

 

 

Vent d’automne

Voyageur dans ce monde flottant

J’ignore où tu vas.

 

Masaoka Shiki

 

(1866-1902)

L’hiver

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Me retournant pour voir

L’homme que j’ai croisé

Le brouillard

 

Masaoka Shiki

 

(1866-1902)

 

 

Le printemps

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Rien d’autre aujourd’hui

Que d’aller dans le printemps

Rien de plus.

 

 

 

Buson Yosa

 

(1716-1784)



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L’été

 

 

 

On lui demande son âge

Elle montre une main

Elle est vêtue d’été.

 

Issa

 

(1763-1827)

 

 

Dans l’après-midi, Natalia nous a emmenés dans la Cathédrale Saint-Etienne, un édifice roman qui surgit lentement au début du XIIème siècle. Une relation de la paroisse lui avait prêté la clé de cet univers ajouré par de nombreux vitraux, baies et verrières donnant à ce lieu sacré, une notion d’éternité pour chaque regard porté sur ce chef d’œuvre qui aura consenti à toutes les influences après son incendie qui s'est produit en 1668, détériorisant l'ensemble de la façade sud, qui fut rebâtie à neuf de 1842 à 1846 en harmonie avec celle du bras nord.

. La nef achevée en XIIIème siècle révèle le style de  l’art gothique, coeur de couleurs rayonnantes.

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Vitrail

Cette verrière a vu dames et hauts barons
Étincelants d'azur, d'or, de flamme et de nacre,
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre,
L'orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu'ils allaient, au bruit du cor ou des clairons,
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre,
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d'Acre,
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd'hui, les seigneurs auprès des châtelaines,
Avec le lévrier à leurs longues poulaines,
S'allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe,
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir
La rose du vitrail toujours épanouie.

José-Maria de Heredia
Recueil "Les Trophées"
(1842/1905)



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Le lendemain, notre amie nous entraîna dans les vignes non pas de Dionysos,
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un de mes dieux grecs préférés mais dans les terres d’une ses relations qui nous donna en exclusivité un cours sur l’étendue de la production de la région, le savoir-faire depuis des siècles. De l’origine  du champagne http://www.champagne.fr/fr/vin_rare.aspx?RubriqueID=191&LangueID=1

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Culture de la vigne
http://www.maisons-champagne.com/bonal/pages/08/04-01



Puis sous un ciel au soleil souriant, nous avons achevé cette route de champagne, essentiellement sur les alentours d'Epernay par l'ultime dégustation  de cet alcool presque divin - un elixir dit-on pour les amoureux, une tentation pour les poètes peut-être  ! - dans une cave proposant toutes les saveurs traditionnelles et contemporaines.

 Lors de notre séjour en Champagne-Ardennes, j'ai vécu des moments inoubliables d'amitié. Natalia qui nous avait invités à dîner, m'a soudainement demandé de lire à haute voix un poème qu'elle m'avait inspiré et que je lui avais dédié link. Une émotion au bord des larmes pour quelqu'une comme moi toujours dans le vif des êtres et de leur âme. Ce n'était pas tout. En toute simplicité, elle - pianiste professionnelle, s'il vous plait -  s'installa devant son piano à queue, griffé "Rameau" à l'aspect laqué couleur écru et nous interpréta dans toute sa beauté presque éthérée, deux morceaux dont les préludes de Chopin. Combien j'ai regretté de ne plus me souvenir, oui, hélas, de ne pas reconnaître cette musique qui m'emplissait.(*)

Son époux m'étonna en me parlant poésie, me questionnant sur mes goûts. Lui avait pour compagnon de chevet depuis sa jeunesse, le poète Saint-John Perse et surtout son recueil "Amers" dont voici un extrait :

 "...Et comme nous courions à la promesse de nos songes, sur un très haut versantde terre rouge chargée d’offrandes et d’aumaille, et comme nous foulions la terre rouge du sacrifice, parée de pampres et d’épices, tel un front de bélier sous les crépines d’or et sous les ganses, nous avons vu monter au loin cette autre face de nos songes : la chose sainte à son étiage, la Mer, étrange, là, et qui veillait sa veille d’Etrangère — inconciliable, et singulière, et à jamais inappariée — la Mer errante prise au piège de son aberration...."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-John_Perse

Leur fille, en pleine adolescence rayonnait avec son nouvel appareil photo, apprivoisant notre chien en le zoomant sans qu'il ne s'en formalise.

Pour conclure, je suis heureuse de vous faire partager mes découvertes et impressions sur cette page plutôt personnalisée que culturelle. Nous avons été agréablement entraînés par notre amie Natalia dans cette valse champenoise que ce soit dans les vastes allées des trois jards communicants, la Cathédrale Saint Etienne et sa grandeur intime, les champs et les sarmants de vignes.

Suzâme
(18/06/12)



N.B. Aujourd'hui je sais par Natalia qu'elle interprétait les préludes op. 28 de Chopin 
http://www.youtube.com/watch?v=ef-4Bv5Ng0w

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