Publié le 6 Février 2011

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                                                                      Illustration Pierre Masquelier (mon père) - Ed.Grassin

 

Je te verrais comme une femme

au cœur du temps avec des gestes fugitifs

de bonheur, d’amour et d’apothéose.

Tu danserais des destins créatifs,

et nos chemins seraient enfin des gammes

au milieu des mots et des choses.

 

Tu serais la ligne lumineuse

souveraine et souterraine

de mille êtres et leurs mondes,

leur messagère rêveuse.

Belle et savante marraine,

tu inventerais l’accord des ondes.

 

(21/09/88)

 

Publié dans l'anthologie"LA PAIX" - Ed. Grassin

Extrait de mon recueil en préparation "Opus Fémina"

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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Publié le 5 Février 2011

"...Le plus dur n'est pas d'écrire un poème mais d'avoir envie d'en écrire un..."

déclarait le professeur de poésie à son groupe d'élèves. Mija, 65 ans, rayonnante, était tout ouïe.

Film vu le 24/01/11 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Extraits, citations

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Publié le 5 Février 2011

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Renaître, revivre, tout refaire

l’œil du loup est aveugle.

 

Redire sans renoncer aux couleurs

lumière lave sang.

 

Retourner au ventre des fleurs

l’amour révèle les amants.

 

Relire les lignes de la terre

les mots délivrent les cœurs.

 

Renaître, revivre, tout refaire

sans ombre, sans abîme

Relier l’âme aux lèvres.

 

 

A paraître dans "Ecrits sur ma paume", recueil en préparation

 

 

N.B. Souvenir encore prégnant, ce poème composé dans les années 80 a été inteprété et mis en scène par une troupe de comédiens amateurs à Dugny (93) qui a vu entre mes vers, des apôtres annoncés mon désir comme un voeu pour le monde, de la  parole portée par un choeur aux derniers gestes sans voix.

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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Publié le 2 Février 2011

Ici, ce n’est pas un château pourtant la table est longue, immense. Au bout, l’homme au chapeau. Sais-je déjà qu’il est chasseur ? Il est aussi l’homme aux chiens. J’entends de ma place, assise sur un banc interminable, j’écoute son silence. Je sens aussi l’arôme de mon enfance à travers ses grandes assiettes de soupe au pain et la fumée qui  réchauffe mes attentes.

Ici, c’est une maison au bord d’une route qui mène loin, trop loin, vers Paris.

Et j’aime rester dans la pièce aux tableaux, à regarder fixement les murs où une tête de cerf, altière et immobile, paralyse mes rêves ; où les fusils soigneusement rangés me laissent sans réponse.

Je suis petite comme le «Chaperon rouge», mon histoire préférée. Sage, un peu craintive… et l’homme attentif interroge mes yeux. Moi non plus je ne dis rien. Sa femme répond à ma petite présence par des gros baisers sonores qui m’impressionnent. Je ne suis pas tout à fait seule. Ici, tout est accueillant. A mes côtés, sur le banc de l’enfance, une autre petite fille du même âge mais riante, qui connaît ce lieu où nous nous rattachons, par cœur. C’est son royaume et elle m’a accepté moi, la petite de l’autre bout du monde, sa cousine de Paris, pour un temps inconnu puisqu’il n’y a pas d’école, pour un temps qui s’enfouit dans le non-dit.

Oh ! la soupe est bonne, brûlante comme le silence de la pièce pendant le dîner. Enfin le bruit des cuillères résonne dans l’assiette rustique de nos solitudes.

Je mange ma soupe, suspendue aux visages des grands, des ogres mais eux ne mangent pas les enfants, ils les gardent devant la cheminée, ils les sortent sur les chemins de campagne pour leur donner une bonne santé.

C’est le soir, je ne veux pas aller au lit mais ne le dit jamais. La nuit m’éveille comme un univers où chaque étoile me murmure : «et ta maman ?» Alors, mon oreiller me cache les ombres tandis que je persiste à surprendre la moindre lumière sous la porte ou entre les volets fébriles de la chambre sombre et triste comme l’éloignement.

C’est le soir, l’armoire me parle de ses secrets que je ne comprends pas. Moi aussi, j’en ai et je me les dis sous les draps, sous l’édredon, ventre de plumes, qui me rend malade.

Quand je respire trop fort parfois ma tante avance vers mon visage aux fièvres intérieures, s’inquiète des battements de tambour de mon cœur haletant. Elle est forte et gentille. Je l’entends toujours venir avec son sirop guérisseur. Je ne veux pas dormir et ne sais pas encore pourquoi ? Il n’y a pas de pensées mais les murs renvoient cette éternelle attente du lendemain.

 

Ecrit lors d'une journée découverte proposée et animée par l'Aleph - Résumé de la consigne: Premier souvenir à travers un lieu.(mémoire et imaginaire)

(11/12/10)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Ecrits intimes

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Publié le 2 Février 2011

Bonjour à toutes et tous,

 

Pour vous donner toute liberté de m'adresser vos commentaires, je reprends la nouvelle lettre de ma page d'accueil.

 

"Longtemps je me pensais «poétesse»  puis au fil de mes rencontres de plumes féminines et parfois « d’auteurs de poèmes », j’ai appris que la belle désignation n’était pas d’usage depuis au moins le début du 20è siècles. Oui, le féminin de poète, «poétesse» a été discrédité, voire aboli. Est-ce parce qu’il rappelle le féminin des dieux, déesses – pourtant leurs pouvoirs ne nous ont-ils pas donné à rêver-  ou l’invisible pendant de «Dieu», à savoir l’absente.

Alors que dire du mot «poète» ? Qualité ou qualificatif ? Jacques Prévert déclinait cette indentification ou apparentée. Est-elle trop lourde d’orgueil, de fierté, de poésie ? En me promenant le long et dedans les recueils,  j’ai compris cette transformation issue des modes et mœurs littéraires, aujourd’hui, essentiellement médiatiques.  Je l’ai  digérée, interprétée et me suis trouvée le profil  subtil de «porteuse de Poésie» puis que je n’ai point encore publié.

Pour avoir griffonné et mise de côté cette expression qui m’esquisse «porteuse de Poésie », méditant sur mes tentations, tentatives impavides et surtout sur l’acte d’écrire, je l’ai retenue pour renommer mon blog, pour vous confier que je « porte » en moi la Poésie comme une fois, parfois comme une grâce et que j’aime la transmettre autour de moi, au-delà des livres, en parler tout simplement comme on parle de l’existence."

(01/02/11)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #lettres ouvertes

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Publié le 31 Janvier 2011

"...Les colères d'Hemingway contre la bêtise bourgeoise ne signifient pas autre chose. La littérature ajoute au plaisir de vivre, aide à se faire la malle, à larguer les amarres, à faire naviguer l'esprit à chavirer le coeur. Mais surtout, elle offre une revanche sur le réel, puisqu'elle modèle désormais notre façon de voir ce réel.Qui a lu sait qu'il peut défier le destin et inventer sa vie. Qui a lu sait qu'il peut agir et non subir. Qui a lu sait qu'il est lui-même personnage et auteur de roman. Qui a lu sait qu'il n'y a pas de distinction entre la littérature et la vie, parce que la littérature, c'est la vie..."

 

Editorial sur Ernest Hemingway - Lire n°392 - Février 2011

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Extraits, citations

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Publié le 27 Janvier 2011

À UNE PASSANTE

 
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis ta nuit! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être!
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

 

Charles BAUDELAIRE

Tableaux Parisiens - Les fleurs du mal

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #Extraits, citations

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Publié le 26 Janvier 2011

 

 

 

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J’ai mis le gant de la vie

pour frôler le visage des murs

toucher la rue

brasser la foule chaude.

 

J’ai mis le masque de la vie

pour voir le désert des ombres

regarder la trace de l’espoir

percevoir la lune trahie.

 

Et puis j’ai tout enlevé

la montre de mon cœur

mes boucles d’étoiles

mon voile d’existence.

 

Et puis j’ai tout donné

les lignes de mon front

le frisson de mes seins

et la brume à mes pieds.

 

(Inédit extrait du recueil "Ecrits sur ma Paume" en préparation)

 

N.B. Je me souviens avoir lu à voix haute ce poème qui m'est chair, accompagnée pour la première fois par un groupe de musiciens amateurs de l'association A.R.M. à La Courneuve dans les années 90. Cette émotion est restée intacte

 

 

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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Publié le 26 Janvier 2011

 

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 L'âme au bout de la plume

Se déverse, s'épanche

Au gré des rafales.

 

L'esprit-esthète écume

L'émotion-avalanche

Crée et se régale

Des maux du corps.

 

Mots conjurant le sort.

Donner des ailes à l'enclume;

L'entreprise de la plume.

 

(inédit)



N.B. Comment choisir un de ses poèmes? Aïcha est tombée "en inspiration". Est-ce l'influence de la lune? Est-ce une rencontre avec elle-même ? Je vous invite à en découvrir d'autres sur le site Nanterre PoéVie, à la rubrique "auteurs"



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Rédigé par Suzâme

Publié dans #découvertes d'auteurs et blogs

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Publié le 22 Janvier 2011

photos s-n-gal 013[1] Sculpture "La femme-feuille" de Claudine R.

 

 

 

Je suis la seule feuille

qui ne veuille

se détacher

           de l'Arbre.

 

Je suis la feuille-femme

qui enlace

et ensève

                l'Arbre.

 

(9/12/10)

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Rédigé par Suzâme

Publié dans #poèmes

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