Publié le 26 Août 2011

Un billet pour vous dire combien j'ai aimé ce film. Sur le conseil d'une amie et après avoir lu l'article de Catheau, j'ai choisi de distinguer sa partie exhibant le faste à travers les richesses d'un milieu lors du mariage de l'héroïne appelée Justine interprétée par Kirsten Dunst et l'évolution lente sur l'intériorité des personnages principaux, Justine et sa soeur Claire interprétée par Charlotte Gainsbourg.

 

Nous avons là deux profils d'un seul et même visage, l'être humain et ses limites. C'est la sensibilité de ses deux soeurs qui,  prisonnières de leurs apparences, va surgir au premier grand choc, vécu comme un retentissement par Claire et comme l'accomplissement d'une prophétie annoncée par Justine, créative et maladive.  

 

Mais qui est-elle? Pourquoi sa soeur est-elle la seule à la comprendre, à lui donner toute son attention?

 

Si la 1ère partie nous présente une vie tout en lumière à travers cette femme qui semble si heureuse, la seconde nous révèle Claire si généreuse, si dévouée à organiser la réception du mariage dans sa propriété somptueuse pour que sa soeur connaisse enfin le vrai bonheur.

 

Après les longues festivités  dans cette propriété au parc immense, nous apprenons grâce à l'époux de Claire qui est chercheur et astronome qu'une planète, nommée Mélancholia, jadis cachée par le soleil, s'approche très rapidement et même dangereuresement de  la Terre. Le professeur, seul maître de la réalité scientifique, assure jusqu'au dernier moment que nos merveilleux paysages, nos existences ne sont pas sur la trajectoire de ce point rouge qui s'aggrandit au fur et à mesure qu'il avance. Mais s'il se trompait....

 

Je ne veux pas vous en dire plus sur ce film qui ne fera pas l'unanimité puisqu'il s'agit selon moi de la psychologie fiction.

  

J'ai vu la planète Mélancholia comme une métaphore d'un type de dépression. Va-t-elle exploser, imploser comme une vie, une tête trop pleine?

 

Il n'est peut-être pas trop tard pour aller voir ce film. Je ne sais pas m'arrêter... Allez un petit reliquat  pour vous tenter encore !

 

Tout commence par un ralenti surréaliste: une femme en robe longue et blanche tente d'arracher ses racines qui l'envahissent. Cet effet est magnifique...

 

 

 

http://youtu.be/rAIwwpDj_qA

 

Articles croisés: A lire chez Ex-Libris

http://ex-libris.over-blog.com/article-le-crepuscule-des-hommes-melancholia-de-lars-von-trier-81845813-comments.html#comment87783508

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Billets (Livres, cinéma, Théâtre, expo etc...)

Repost 0

Publié le 25 Août 2011

Pourquoi j’aime

Chaque visage, fleur ouverte

Chaque parole offerte

Depuis le cri de la naissance

Au poème de l’être qui pense

 

Pourquoi j’aime

Chaque main, flamme discrète

Chaque vie en silhouette

Depuis le jour et ses extravagances

A la nuit de l’être au silence.

 

Suzâme

(25/08/11)

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

Repost 0

Publié le 24 Août 2011

En échangeant de simples politesses avec une joggeuse revenue de vacances, je lui dis sans penser:

 "Marcher le long de la plage, les pieds dans l'océan, cela fait beaucoup de bien à la circulation du temps."

J'ai réalisé mon erreur très poétique tandis qu'elle continua ce chemin.

 

Suzâme

(24/08/11)

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #instantanés poétiques

Repost 0

Publié le 23 Août 2011

Le jeu du vent amusait les rideaux. Et j’étais là, encore paralysé par les premiers gestes du soleil qui venait me chercher. Savait-il l’état de mon corps épuisé par la vie ? J’aurais voulu caresser l’étoffe pastel, la toucher pour sentir ce délicieux effet de la brise si matinale.

Mais je restais comme aimanté à mon lit d’existence, braise sur les draps, rien qu’à l’idée de lumière, de couleurs, de parfums. Et ce voile qui dansait, m’attirait, me priait de venir, de tenter de vivre encore, de me lever, de m’élever, de m’élancer vers le dehors.

 

J’ai trouvé la force en mon âme encore si jeune, si nue devant l’espoir. Et je me suis lovée à la fenêtre immense, soudain miroir d’incendie. Le souffle du feu embrasait les ultimes brindilles.

 

 

Suzâme

(23/08/11)

 

 

Un partage de mots : Pour le 47ème atelier, nous vous proposons d'écrire un texte entre le début et la fin du livre "L’Enfant aux cailloux" de Sophie Loubière: "Le jeu du vent et du soleil amusait les rideaux." et "Le souffle du feu embrasait les ultimes brindilles."

 

http://partagedesmots.forumprod.com/

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

Repost 0

Publié le 22 Août 2011

 

 

defi-62-le-tigre.jpg

En sais-je davantage sur les tigres que sur les bonzes ? Je suis pourtant un banc. A savoir que ma fonction première est l’étude des comportements assis et allongés bien qu'il m’arrive, lorsque je suis vide ou du moins lorsque l’absence prend toute son importance, je disais, il m’arrive de regarder au-delà de mon assise rigide.

Je vis à Bangkok, probablement la ville la plus turbulente du monde et malgré mon ancienneté sur ce territoire bien placé, je ne me souviens pas avoir été autant éberlué que devant cette scène que je n’ai pas, par ailleurs, encore qualifiée.

J’étais donc libre lorsque je surpris un jeune bonze en compagnie d’un tigre tout aussi immature, là, devant moi, au milieu de ma rue. Venaient-ils du fameux temple de Kanchanaburi ? Je fréquente pourtant les moines et pendant longtemps je les ai crus passifs avec leur calme légendaire surtout ici, en pleine cacophonie amplifiée par la foule de véhicules hétéroclites et d’humains. Ce qui m’autorise à avouer mon erreur de jugement. Un moine est vivant, comme moi, comme vous. A quoi cela se voit-il ? Tout simplement, il réagit.

Celui-là promenait son fauve juvénile en laisse comme un gros chat aux mâchoires apprivoisées quand la bête sursauta à la vue de quelque chose d’inconnu ou d’inattendu. Etait-ce seulement sa manière d’être étonné ? Le moine sans nom semblait craindre que l’enfant sauvage ne lui échappât en toute force et agilité.

Rien n’arrêtait le flot habituel et désordonné de mon repère aussi vaste soit-il. Je ne voyais que ce drôle de duo digne d’un sketch de cirque. J’eus beaucoup de mal à savoir ce qui avait troublé ce petit fou de la jungle et son sage alors qu’ils étaient menacés hélas d’un péril ordinaire, en cas de simple choc contre une navette de touristes ou contre tout autre obstacle habituel dans ce trafic incessant. Le tigron s’énervait, s’étouffait en tirant avec entêtement le bras de son maître que ses expressions métamorphosaient. Quoi ? Oui, cet être normalement impassible, s’inquiétait, s’opposait, interpellait, exigeait de l’autre, son compagnon de jeunesse, un minimum de discipline !

Qu’est-ce qui les faisait traverser cette largeur de poussières, ce vacarme exclusivement terrestre ? D’où j’étais, je ne percevais que les étoffes coloriées et fatiguées, les bibelots racoleurs suspendus aux devantures des boutiques aussi grandes que des mouchoirs parisiens.

Je n’aurais jamais rien su de la fin de cette scène inouïe pour moi que le quotidien endort, si une vieille femme ne s’était pas enfin assise sur mon corps immobile. Son comportement n’était pas rare puisque je pratique aussi ce genre d’expression : le monologue. Elle se parlait toute seule et c’était normal. Elle se racontait que le petit tigre avait surpris une sorte de dragon inspiré des légendes, si bien sculpté, que le félin l’avait sûrement pris pour un vrai. De plus, d’après l’un des témoins, colporteur de l’anecdote, l’animal encore naïf, aurait cru qu’il était aussi vivant, aussi heureux que lui de le rencontrer.

La vie, conclue le banc, ravi de broder cette histoire au gré de son ennui, c’est peut-être après tout une question qui va au-delà de la matière !

  

 

Suzâme

(21/08/11)

  

  

 

Défi 62 proposé par http://www.lilou-fredotte.com/ - Rêves d'écriture

thème : "Tout le monde veut prendre sa place"

Voilou Lilou

Et

C’est à moi qu’échoie le défi n°62

mes choix et nez choux pas !

 

C’est simple…

Vous prenez la place d’un personnage

ou d’un objet de votre chou  heu … 

choix  sur l’image.

Vous racontez son  histoire, ses émotions ou

ses impressions.

En prose ou en vers, 

Vous pouvez

soit  suggérer votre personnage

soit jouer à la devinette !

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #DEFIS CROQUEURS DE MOTS

Repost 0

Publié le 21 Août 2011

Bonjour les ami(e)s,

 

DSC00186.JPG

 "Air" d'Auguste Mallol

 

J'étais venue à l'avance me préparant intérieurement davantage à ma rencontre avec Anne Le Sonneur pour la dédicace de son premier livre publié aux Editions Lulu, "Le silence de la pierre"  qu'au lieu de promenade même si je n'avais pas flâné aux Tuileries depuis...non, vraiment je n'ose pas le dire, alors que mon adresse frôle Paris.

 

C'est ce que j'appelle un événement et pour me distraire de mes émotions, j'ai ouvert mon regard sur ce jardin, certes bondé de touristes de toute la planète - mais je ne vous apprends rien - gardé par des statues, corps de femme aux formes magnifiques, n'inspirant que la beauté. 

 

J'attendais Anne sous le petit Arc de Triomphe abritant quelques silhouettes pensives et n'ai pas hésité à l'appeler sur son portable. Comment nous serions-nous reconnues dans cette foule mais surtout en tant qu'inconnues? Je me suis brièvement décrite moins sur mes dimensions que sur mon allure. Un petit haut couleur "canna" et important... précisant que je n'étais pas asiatique. Chinois, japonnais et autres voyageurs d'asie piétinaient aussi ce sol de sable et de poussières. Puis, grand, grand moment pour toutes les deux: on s'est fait signe. Identification instantanée, bisous d'amitié, la vie quoi! 

  

DSC00188.JPG

 "Nymphe" marbre 1866

de Louis Auguste Levêque

 

Et tout en faisant connaissance dans un échange où mes paroles pétillaient à chaque pas comme aimantées par son écoute, nous capturions ces déesses en plein air.

 

DSC00194.JPG

 

"Cassandre se met sous la protection de Pallas" 

Marbre 1877 d'Aimé Millet

 

Mes lectures du Blog d'Anne Le Sonneur, en personne, s'il vous plait, et celle de son conte publié n'étaient pas assimilées comme une science mais elles m'imprégnaient et me donnaient une approche encore plus riche, plus profonde de mon amie de plume. Nos propos nous amplissaient d'existence comme un langage essentiel traversé par la paix de deux âmes en quête.

 

Ah vous nous trouvez sérieuses!

Eh bien je vous insère cette petite merveille, un homme, un des rares qui s'expose en ce lieu culturel prestigieux.

 

DSC00196.JPG

 "Thésée combattant le Minotaure" - Marbre 1821-1827

d'Etienne Jules Ramey   

 

Nous étions bien deux à cliquer sur nos appareils récents. Anne était la plus experte, l'oeil sur le qui-vive comme un oiseau léger, sans rêves inutiles. Tandis que je me précipitais dans toutes les directions, ivre de découvrir et de voir.

Eh oui cela arrive à des gens tranquilles plutôt sérieux! Ah si vous saviez ! j'aurais écrit des poèmes à la terre entière, les aurais déclamer dans une douce folie de poète à Paris...

 

DSC00203.JPG DSC00204.JPG

 

"Reclining Figure - Bronze doré 1951 d'Henry Moore

 

Le jardin est vaste. On s'éloigne vite de la grande roue du Caroussel photographié avec la Nymphe par Anne, si je me souviens bien. Parce qu'elle a publié son article avant moi. Cela m'a épatée, stimulée parce que ce n'est pas très facile de se lancer dans un "carnet de promenades et de rencontres". Je vous rappelle que ce sont mes premières pages. Que dans ma vie entière, je n'avais jamais pris de notes sur mes vacances et séjours. C'est une preuve que les rencontres nous construisent. L'être est fait des uns et des autres et même lorsque je dis "Moi", je dis encore l'autre.  Avec Anne, la philosophie telle qu'on la perçoit et la ressent, était une évidence à chaque mot. Avec elle, j'étais bien comme en moi-même lorsque je médite pendant une trêve intemporelle.

 

DSC00198.JPG

 "La foule" - bronze de Raymond Mason (1922/2010)

 

Nous sommes sorties de ce site ensoleillé pour longer non loin la Seine, complice des foules et des confidents. Elle ne retient rien qui l'embête ou la provoque. Ce qu'elle aime, la Seine, c'est l'importance de chaque mot qui circule d'un être à un autre. Vous ne le savez pas. Mais après les avoir écoutés - et ces mots échangés par des inconnus sont parfois des déclarations d'amour, d'amitié ou encore des pépites de peines à ramasser, elle les garde pour elle. Quelques vagabonds de fleuve cherchent encore tous ses trésors..

 

Nous n'avions pas prévu d'avoir les pieds dans le sable des "Plages" de Paris. Après notre face à face avec un château de sable rappelant les contes féériques, nous avons vite regagné un point stable pour nous désaltérer. Un café où j'aime donner rendez-vous aux personnes aimées situé sur la place du Châtelet.

Moment des plus précieux. Pensez-vous donc! un tête à tête, simple et fort comme l'amitié. J'ai eu ma signature sur "Le silence de la pierre". Elle me parle maintenant. Et je suis aussi sereine qu'heureuse de ce partage des plus profonds.

 

SI j'ai privilégié ici mon propos davantage sur ma rencontre avec Anne Le Sonneur que mes interprétations sur les oeuvres magistrales que je vous joins en partage, j'espère que vous me comprendrez..

Je pense qu'elles me suggèreront un peu plus tard quelques poèmes qui surgiront de mon chapeau-tête de poète. J'ai confiance. Grâce à nos échanges inter-blogs, mes ami(e)s, nous nous stimulons sans cesse. Que nos sources d'inspirations perdurent!

 

Merci à Anne pour cet après-midi, passerelle pour deux âmes, deux amies.

 

Suzâme

(21/08/11)

 

 

Ecritures croisées : A lire "Rencontre" chez http://anne.lesonneur.over-blog.com/

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

Repost 0

Publié le 19 Août 2011

Parce que je nais chaque jour

En poursuivant mon chemin…

 

 

 

Je l’appelle éternité

Ce sentier de mer

Qui me trouve et me perd

 

Je l’appelle amour

Ce cordon céleste

Qui me guide et me teste

 

Qui suis-je sur ce chemin

Que le bleu envahit

Ne suis-je qu’un cri

 

Entre les buissons de mûres

Et l’horizon sans fin

J’ai peur. J’ai faim

 

Je l’appelle existence

Ce chemin froid et brûlant

Qui me parle à pas lents

 

Je l’appelle Poésie

Ce bras de chair et d’infini

Qui m’attire, m’éblouit.

 

Suzâme

(19/08/11)

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Jeudis de la Poésie

Repost 0

Publié le 18 Août 2011

DSC00208

 

Ed. Lulu

http://www.lulu.com/product/couverture-souple/le-silence-de-la-pierre/15915388?productTrackingContext=search_results/search_shelf/center/1

 

A ma seconde lecture, j’ai tout ralenti. Mon regard et mon âme. J’ai retenu certaines pages sur lesquelles j’étais en communion.

 

Ce livre est un chemin qui raconte le témoignage d’un survivant parmi une poignée d’êtres mais aussi de familles entières qui vécurent l’exclusion générée par la peur des villes et des villages.

 

Ce malheur qui n’est jamais une fatalité mais la conséquence d’un comportement d’autoprotection de responsables citadins s’est-il déroulé hier ? – et c’est de la peste dont il s’agit – ou aujourd’hui avec le même rejet contre la différence, la maladie, la contamination … Ne l’avons-pas vécu récemment avec un virus qui a touché toute notre planète ?

 

J’ai fait ce parcours dans la garrigue, en pleine solitude. J’ai écouté le silence de cet exode, de cet exil et chaque mot lu devenait un pas de plus vers la survie ou la mort salvatrice.

 

Le personnage principal est esquisse sobre et pourtant c’est lui qui guide, qui porte, qui aide jusqu’au jour où, l’âme épuisée par la lutte et l’espérance, il se confie à un prêtre.

 

Je n’en dévoilerai pas davantage sur ce conte d’une profondeur inouïe aussi généreux dans son message que peut l’être dans un instant ultime, la main du cœur sur notre épaule.

 

Par ailleurs, J’ai vécu la joie de rencontrer pour la première fois, dans le parc des Tuileries inondé de touristes, l'auteure toute aussi discrète qu'attentive, à l'occasion de la dédicace de son trésor au langage poétique.

 

Notre échange me nourrira encore longtemps. Et j'ai l'espoir de le renouveler au rythme de son âme.

 

Je vous l'affirme. Anne est vivante au-delà de ses mots, de l’amour du silence. Sa sérénité est promesse d’une œuvre en attente et à venir.

 

A lire lentement.

 

Suzâme

(18/08/11)

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #découvertes d'auteurs et blogs

Repost 0

Publié le 18 Août 2011

Bonjour à vous qui me suivez,

 

Paris, le lundi 15 août 2011. Une joie pure que la rencontre de mon amie Hauteclaire sous le soleil de Paris bigarré avec ses foules entraînées par l'été. Nous nous étions données rendez-vous dans ce Musée repéré lors de notre première rencontre au Jardin des Plantes.

 

Je ne m'attendais pas à contempler du Rodin ou du Maillol. Voici un petit aperçu des curiosités qui ont interrogés mon regard.

 

DSC00149,DSC00150

 

 "Demeure 1" d'Etienne Martin (1913-1995)

 

Nous l'avons contournée lentement. Ma tête fumait tandis que j'interprétais cette création contemporaine et qu'Hauteclaire virevoltait devant cette pièce abstraite que vous pouvez voir entièrement sur http://www.bluetravelguide.com/oeuvre/O0019427.html

 

J'y voyais plutôt de la tourmente, de l'enfermement parce que les seules ouvertures n'étaient pas des fenêtres sur la vie mais sur l'intériorité de l'humanité qui s'enroule, s'emmêle sur elle-même. Ce n'est pas le sculpteur qui me donnera ou non raison. Il crée probablement sur une autre planète.

 

DSC00152

 "La grande fenêtre" d'Augustin Cardenas

(né en 1927)

 

 

Nous n'avons pas pu prendre plus de recul pour photographier l'oeuvre dans toute sa posture parce que nous serions tombées à l'eau. Pensez-vous! La Seine n'attendait que cela. Un pas en arrière, deux et nous étions dans son creux si accueillant. Non merci.

Ses formes blanches, lisses, hautes et rondes au milieu m'évoquant des seins me laissent penser que l'artiste d'origine cubaine était sensuel. Sa fenêtre sur le monde part du corps féminin, du corps maternel pour aller au-delà, vers tous les possibles. Graffitis poétiques? Des quidams armés de feutres épais et de bombes de peinture ont inscrit leurs messages codés ou signatures. Une agression pour l'oeil qui doit effacer cette trace inopportune pour s'abonner à ses observations ou rêveries.

 

DSC00161DSC00159

 

 "Hydrophage" de Jean-Robert Ipousteguy (1975)

 

 

Je ne sais rien non plus de ce sculpteur français. Le libellé qu'il donne à son oeuvre située dans un petit bassin d'où jaillit une modeste fontaine et l'étymologie du mot me donnent le champ libre pour le déclarer spontanément, allez, mangeur d'eau, ce qui veut dire pour moi, ex sirène, mangeur de vie. De quoi écrire une poésie surréaliste. J'imagine un enlacement entre cet être viril exposant sa force et une chose aux bras tendus ou tuyaux par lesquels l'eau domptée par l'humanité continuera à verser sa générosité. 

 

Je choisis de m'arrêter à cette sculpture qui m'a le plus parlée. Hauteclaire se serait bien trempée les pieds dans le bassin pour saisir le nom du sculpteur, de même d'autres promeneurs comme elle, comme moi, brûlant du simple bonheur de découvrir en plein air, au bord de la Seine, d'étonnantes créations qui provoquent notre perception du monde.

 

Je remercie Hauteclaire qui en a eu l'idée. Parisienne à l'oeil ouvert sur la culture en marche, éveillée, aux aguets. Elle m'apporte le reflexe du photographe que je ne suis pas encore.

 

Si ces sculptures vous inspirent, n'hésitez pas à laisser vos pensées, impressions et poèmes en commentaires.

 

Suzâme

(18/08/11)

 

Ecritures croisées : A lire http://hauteclaire.over-blog.com/article-rencontre-de-blogs-6-81762427.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Promenades, rencontres

Repost 0

Publié le 17 Août 2011

Les trottoirs vides. Un grand silence de ville. Le jour débute son numéro d'aisance appelé « Petit matin ».

 

Théo rôde déjà dans son quartier préféré dessiné en grandes avenues. Sa promenade commence toujours Place de l'Etoile à Paris, capitale de vie et de survie.

 

Il est là depuis l'aube pour guetter le moindre trésor dépassant en principe d'une poubelle quand à environ deux mètres de ses pieds négligés, il surprend une haute valise rigide toute seule près d'une berline indifférente. Sans se poser de questions, il s'approche et ne voyant aucun quidam, la soulève afin que ses roues n'effrayent pas le bitume. Ne pas faiblir. C'est facile à dire. Il y a longtemps que ses bras ont perdu les muscles de sa jeunesse. Il fait vite pour contourner les lieux, l'endroit précis de sa chance. Non loin, il repose l'encombrant objet d'un coloris sobre, heureusement pour lui. Premier réflexe d'homme des rues, protéger sa prise en la maquillant. Alors qu'il peut enfin la faire rouler discrètement dans une des rues des alentours, il prend quelques immondices pour la travestir en bagage de S.D.F. (Suis Dans le Foin), puis d'une façon plus énergique s'éloigne du quartier pour rejoindre son amie la Seine et son acolyte d'existence, un pont sans nom.

 

Il préfère attendre toute la journée devant sa l'objet de sa convoitise en s'interrogeant ironiquement sur son contenu, en l'imaginant comme un enfant un peu vieilli devant une malle en or. Dans son coin de solitude lorsqu'il est vraiment sûr de ne pas le partager même avec un rat, même avec un chat, scrutateur de délires et de misère, Théo se parle à voix haute. Cela lui fait énormément de bien, le libère, le réconforte. Et il se dit:

 

« J'parie qu'il y a au moins deux costumes

et sur des cintres, s'il vous plait

Allez ! Quatre chemises mais pas de plumes

Deux gilets de soie, s'il vous plait

Cinq cravates de pendu: respect, séduction

Confiance en soi, amour propre, ambition.

J'parie qu'il y a des accessoires de toilette

qui sentent bon l'homme honnête

Une paire de pompes noires et luisantes

des chaussettes anglaises toujours partantes

Quelques catalogues richement spécialisés

pour clients trop bien rasés... »

 

A minuit, heure de Notre-Dame, il force l'imposant réceptacle avec un trombone de voleur, puis un canif de paysan. Cela ne suffit qu'à l'entrouvrir. C'est le roi de l'outil, monsieur Tournevis qui achève le travail sans esquinter la belle, la belle valise de l'Avenue de Wagram.

 

Il est stupéfait, bouleversé par sa découverte inespérée. Son regard s'allume sur une présentation de victuailles. De quoi se nourrir pendant une semaine sans bouger et contempler le fleuve, lui dire en poésie de pauvre, au poivre et à la guimauve, ses petits bonheurs et ses épreuves.

 

A l'intérieur, une mallette à l'ouverture facile, en matière plus souple, plus légère et dedans... Et dedans, incroyable! Deux rangées de conserves de luxe, s'il vous plait. Trois bonnes bouteilles de vin aux étiquettes de rêve. Tout pour un premier festin de lune. Et Théo ne s'en prive point, ralentissant ses gestes, ses mouvements de bouche pour déguster la richesse du mets. Il manque du pain, son seul chagrin.

 

Suzâme

(17/08/11)

Voir les commentaires

Rédigé par Suzâme

Publié dans #DEFIS CROQUEURS DE MOTS

Repost 0