Origine de Mlle née sous X (extr. d’une nouvelle policière abandonnée)

Publié le 29 Juin 2011

Avant –propos :

Après, la première partie de l’enquête : constat, investigations sur les lieux. Les auditions continuent et s’approfondissent au commissariat ici celle du premier témoin, une infirmière qui découvrit le corps de la victime. C’est elle que je souhaite vous faire découvrir dans sa quête désespérée. Le déroulement de cette histoire n’a pas d’importance. En espérant votre compréhension.

 

« …C’est l’inspecteur Touvier qui frappa à la porte de son bureau pour engager le commissaire à l’accompagner immédiatement dans le local des auditions. Auparavant sa collègue Béatrice avait trouvé des anomalies sur les références de l’infirmière mais aussi sur l’ensemble de son témoignage enregistré et saisi sur fichier. Les premières incohérences étaient primordiales à ce niveau des investigations. Julia n’avait jamais eu son diplôme, mieux, elle ne s’appelait pas Julia mais Zoé Fontaine. Son agenda, sa trousse ne lui appartenaient pas. En vue de ce rebondissement, tous conclurent que le motif de sa présence était faux. Pour qui était venue cette intruse et pourquoi ?

 

Elle était si jeune… Bonne réaction, elle avait appelé les urgences. Quoi de plus prioritaire et de plus normal ? Au début, ni Lecat ni Lefèvre ne l’aurait soupçonnée. Maintenant, à ce degré de l’enquête, il fallait accélérer. Tous deux remplacèrent Touvier dans ce fameux bocal isolé. Le commissaire était décidé à mettre la pression, à obtenir les aveux de la fausse infirmière.

 

«- Alors, dites-nous tout sur votre subterfuge ! Réalisez-vous que de premier témoin vous êtes devenue principale suspecte ! » Il continue avec son timbre ténébreux, moralisateur.

« out n’était qu’un tissu de mensonges prémédités. Pourquoi cette mise en scène ? Pour qui ? Je vous somme de parler par respect de la victime sanctionnée dans les conditions les plus macabres. Cependant vous avez droit, comme vous le savez, à un avocat. Compte tenu des faits, vous avez peut-être des motifs personnels donc des circonstances sont soit aggravantes soit atténuantes. Par conséquent votre intérêt est de nous parler… "

 

Il n’avait pas conscience que son intervention était longue pour la jeune femme dont la physionomie changeait au fil de l’audition. Brusquement elle l’interrompa :

« - C’est elle que je voulais voir. Depuis mon adolescence, j’étais obsédée par cette inconnue… »

Lefèvre renchérit :

« - A quel titre la recherchiez-vous ? Vous n’avez à ma connaissance aucun lien de parenté.

- Un jour, je devais avoir quinze ans, mes parents m’ont confiée qu’ils avaient eu le bonheur de m’adopter dans les premiers mois de ma vie… »

- «Ils vous devaient la vérité», affirma gravement le commissaire aux aguets de ce témoignage inattendu.

 

Elle semblait recroquevillée sur elle-même, sans force, alors que sa taille, ses épaules révélaient quelqu’un de sportif… Qui était-elle ? Ses déclarations arrivaient sur la table et jamais elle ne regardait en face ses deux interlocuteurs.

 

«- Vous comprenez, c’était là, s’énervait-elle en cognant sa tête avec son poing. Je pensais que je m’habituerais à cette vérité puisque… puisque j’aimais mes parents».

- A quelle époque vous êtes-vous mise en quête de votre origine» ? interroge brièvement Lefèvre qui progressivement s’affirmait.

 - En fait lorsque j’ai commencé mon droit… j’ai fait connaissance d’une fille dont la mère avait accouché sous X… vous comprenez, mon amie a été jusqu’au bout pour connaître sa vraie mère même si… même si au bout du compte, elle a été déçue… Moi aussi, je voulais avoir ma chance, vous comprenez ?»

- Vous nous confirmerez ultérieurement vos sources. J’en déduis qu’elles vous ont conduites sur la piste de Madame Evelyne Marchand, au 7ème étage, puis dans l’ascenseur de cette tour fatale, comme si vous l’aviez croisé pour la première fois. C’était un stratagème pour vous écartez d’emblée des suspects. Un premier témoin est rarement mêlé aux drames mortel» ajouta Lecat.

- Je… je ne voulais pas ce qui s’est passé. En venant ici, j’avais l’intention de la rencontrer une première fois et consentais déjà que ce soit la dernière… Je… je rêvais d’entendre sa voix ; je m’imaginais depuis si longtemps lui dire qui j’étais, c’est-à-dire sa fille… vous comprenez ?

- Vous n’en aviez pas le droit Julia, euh excusez-moi, Zoé !» précisa le responsable de l’affaire d’une voix sombre, autoritaire.

- J’en avais besoin pour ne pas rester dans mon délire et consulter toute ma vie. Vous comprenez !

- Mais comment cela s’est-il passé ? Il s’agit d’un meurtre, tout de même. L’avez-vous menacée ?» articula le stagiaire au sommet de ses débuts.

- Allez, soulagez votre douleur ! Vous avez peut-être réagi violemment à une réponse intolérable. Continuez Zoé ! » insista Lecat.

La jeune femme suait, pleurait, haletait comme si elle était prisonnière d’une crise incontrôlée. Elle était méconnaissable.

 

 

N.B. Je n’ai pas persévéré dans cette nouvelle policière trop longue et je l’avoue incohérente dans les faits mais ce personnage m’a vivement marquée lors de ma lecture en plein rendez-vous d’écriture. Je l’incarnais… Aussi, récemment, il est revenu me hanter autrement. Lire et relire «Journal de Mademoiselle X, dite l’inconnue (extrait).

Cette nouvelle policière a été écrite dans le cadre des rencontres d’écriture Nanterre PoéVie. Une initiation proposée et animée par Jean-Paul Villermé, poète-randonneur.

site: http://nanterrepoevie.e-monsite.com/

 

Rédigé par Suzâme

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rainbow 30/06/2011 00:19



Pourquoi ne pas continuer d'écrire ? Je pense que tu as tous les atouts pour le faire bien. L'imagination, le style, le vocabulaire recherché sans être emphatique. Qu'attends-tu ? Je t'embrasse
suzâme. Rainbow



Suzâme 02/07/2011 14:15



Bonjour Raimbow,


A J - 2 avant mon départ dans les Landes, je retrouve ton message que j'avais lu le jour de sa publication et te remercie pour ton enthousiasme. Lors d'une initiation à la nouvelle policière, je
me suis jetée à l'eau. Est-ce une question de tempérament, de personnabilité, de sensibilité ou de caractère. Je n'ai pas l'envergure pour un roman qui demande plus qu'une  envolée et
suis trop émotive pour garder de la distance avec les personnages. Celui-là est particulièrement marquant. Ma soeur vient de me dire au téléphone qu'elle se sent frustrée dans une lecture qui ne
la mène pas assez loin. Comme toi, elle sent que j'ai la plume... Je ne suis pas assez carrée dans mes raisonnements, mes constructions... Je suis une intuitive et sais que je ne pourais pas
changer. Je pars quelques semaines près de Biarritz et te dis à bientôt. Merci de ta vive attention. Ecris encore...Suzâme



Elo 29/06/2011 18:16



Je comprends que ce personnage t'ait marqué ! D'ailleurs, c'est bien la même chose que dans ton autre article qui ressort au niveau sensibilité... Je ne sais quoi te dire si ce n'est que tu
l'exprime magnifiquement bien.


Bises



Suzâme 29/06/2011 20:53



Bonsoir Elo,


La nouvelle que j'avais essayer d'écrire était un exercice ludique sur un fait divers, un crime des plus affreux. Ayant renoncer à revenir sur les incohérences de mon histoire et notamment du
déroulement final, ce personnage me poursuivait pour son témoignage inattendu certes, mais complètement sincère. Elle se livre dans ce passage et je ne pouvais pas l'abandonner. En la faisant
revivre autrement dans un extrait de son journal, je n'adoucis pas son cas mais elle a je le crois une chance de se sentir exister un jour par l'écriture. Merci de ta fidélité. Je vais bientôt
partir en vacances. Je pulblierai dimanche un petit mot. Cordialement. Suzâme



Nina Padilha 29/06/2011 15:49



Pourquoi tu ne te lances pas dans l'écriture de nouvelles ?
C'est bien ficelé, tout ça !



Suzâme 29/06/2011 18:15



De courtes nouvelles d'une page ou deux pas plus parce que l'histoire si tu dois la construire, la développer, la vivre à travers tes personnages est une petite folie romanesque qui me mettrait
en danger. J'ai besoin de peu de chose pour...imaginer...je te remercie pour cette question? Si toutefois, je persévérais à écrire ce que j'appelle "autres écrits", je tenterais un recueil. Mais
ma priorité est d'en publier deux en cours et il ne s'agit que de poèmes: "Ecrits sur ma paume" et "Opus Fémina". J'espère franchir l'invisible obstacle à la rentrée.


Je pars lundi pour les Landes, un joli coin près de Biarritz et même si je profite en famille de l'été et surtout et surtout de la mer, il me manquera de lire des publications journalières et d'y
inscrire mes pensées. A bientôt. Suzâme