Lettre ouverte : "Ecrire à la main" ?

Publié le 4 Mai 2012

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Couverture de mon carnet actuel


Bonjour à toutes et tous,

Avez-vous conservez vos cahiers, carnets et blocs d'écriture?

Pas toujours des journaux intimes mais des lieux personnels, recueils de vos pensées, sentiments états d'âme, ils ont grandi avec vous depuis parfois l'enfance, ont accompagné, supporté votre adolescence et ont été soudainement abandonnés aux premiers événements de l'âge adulte.

Aucune vérité dans mon observation parce qu'il est possible au contraire que vous ayez mûri avec vos écritures consignées, empilées dans vos tiroirs.


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 Mon carnet actuel ouvert


Pour témoigner en faveur de l'écriture "manuelle", je vous donne l'exemple de ce manuscrit, un vrai "torchon" hum, plutôt brouillon, n'est-ce pas?
Et alors? Pourquoi castrerai-je ma plume sous prétexte que mon écriture est illisible, perturbée, émotive, j'y renoncerais?

Il est évident que si je devais adresser une proposition à un éditeur, elle serait "tapuscrite". Mais pour soi, protéger cette intimité de l'acte d'écrire à même la feuille, n'est-ce pas important! Pourtant, ce devrait être naturel. Je sais que beaucoup d'entre nous ont laissé le manuscrit, ne supportant plus râtures et bavures et sont en osmose avec leur clavier et l'écran qui met tout propre, les semences de notre esprit créatif.

Aujourd'hui je lutte contre ma tentation de saisir autrement mes instants.
En marchant, j'ai découvert l'usage de mon téléphone portable et de ses notes actives. D'une main, en tenant la laisse de mon chien, je pense et sauvegarde en textoésies des instants poétiques, des idées de nouvelles et autres.
Je me l'accorde.

Chez moi, je privilégie le stylo, hélas rarement la plume mais j'accumule des archives que je considère, moi, illustre inconnue, comme la "génèse de mes écrits".
Je vous encourage à sourire.
En fait, ils sont seulement important pour moi. Souvent nés, précoces, frileux ou fièvreux, instables, noirs et bleus, vifs, impatients, mes poèmes sont là où nul à part moi-même, je vous le dis, n'irait les chercher sans pour cela qu'ils soient cachés.

J'aimerais tant que dans vos commentaires, vous me parliez de vos habitudes et préférences en matière d'écriture.

Très cordialement.

Suzâme
(04/05/12)

 

Rédigé par Suzâme

Publié dans #lettres ouvertes

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joelle.colomar.over-blog.com 18/08/2012 09:23


Adolescente j'écrivais des poèmes et je les déchirais, jusqu'au jour où ma mère m'a dit que c'était dommage. J'en ai sauvé ainsi quelques uns. Adultes, la vie m'a happée. Maintenant, je n'ai
toujours pas très confiance en mon écriture, davantage dans ma photographie. Alors j'écris en condensé pour accompagner mes photos et je ne garde toujours rien !!!! Bizarre non ? Amitiés. Joëlle

Suzâme 02/09/2012 18:15



Bonjour Joëlle,


Je reprends peu à peu mon blog et suis si heureuse de relire ton commentaire auquel je peux répondre maintenant. Te rappelles-tu pourquoi tu déchirais tes poèmes et à quel âge? Ce petit trésor
est resté en toi pendant tous tes bonheurs et toutes tes épreuves, c'est pourquoi avec l'économie de quelques mots choisis, la poésie surgit motivée par ton oeil photographique. 


Tente de faire des copier/coller de tes textes... Il y aurait de quoi réaliser un recueil qui resterait dans ta famille. Ton entourage sait-il combien tu es réceptive et créative? A bientôt.
Suzâme.



Alice 24/05/2012 19:09


Bonjour Suzâme, je réponds avec retard ayant eu des soucis familiaux qui m'ont tenu écartée du blog. Si ma tête pouvait écrire toutes les phrases qui me viennent, ce serait bien plus d'écrits :-)
j'écris sur un cahier , suis très lente et fait des recherches (un peu trop). Rarement je garde les écrits spontanés, car je n'ai pas assez confiance pour m'en contenter. Le stylo à bille et
beaucoup de râtures pour arriver à ce que je veux exprimer. Amitiés

Suzâme 31/05/2012 18:41



L'écriture dans tous les sens et vers l'exigence. Je suis contente de savoir que tu ne te culpabilises pas de tes râtures. La feuille vierge est bientôt un chantier qui donnera ce que tu
ressentais. Merci pour ton témoignage. A bientôt. Suzâme



Villermé Jean Paul 11/05/2012 19:56


Écrire c’est saisir un mot qui passe dans l’espace de sa pensée. Il peut venir n’importe où : dans le métro, la rue… il peut venir
n’importe quand : le jour, la nuit… quoi de plus naturel que de l’attraper au vol et de le poser sur un morceau de papier : carnet, feuille volante… 


Plus tard, bien sûr, lorsque je rentre chez moi, j’enregistre le mot qui, entre-temps, est devenu, peut-être, une phrase, un début de poème,
de nouvelle…


L’ordinateur apparait idéal. Il fige le mot, la phrase qu’on ne peut plus perdre. Le poème, la nouvelle sont en gestation, en attente. L’écrit
est a porté de nos yeux et qui lors d’une consultation va se peaufiner, enfanter d’un quatrain, d’un conte…


Il n’y a pas dichotomie entre papier et ordinateur. Ils se complètent. Je me souviens de mes débuts en écriture et du labeur de
dactylographier les textes avec une machine à écrire. La moindre erreur, la faute ou le changement était sanctionné par une nouvelle frappe !


L’ordinateur n’est pas un frein à l’écriture comme l’était la machine à écrire ou l’écriture manuelle, bien au contraire il libère
l’imagination de l’auteur en le libérant des contraintes techniques.

Suzâme 26/05/2012 20:47



Bonsoir Jean-Paul,


Je te remercie infiniment pour ton témoignage. Le geste d'écrire m'importe et je sens qu'il est menacé par une emprise directe et propre, le rapport à l'ordinateur. Un texte net... oui sans
ratures, sans tâches d'encre... Je te rejoins en favorisant l'alliance du geste et de l'outil. A bientôt. Suzâme



Vert de Grisaille 10/05/2012 14:46


Pourquoi cela ne me surprend-il pas que tu gardes un souvenir chaleureux de l'écriture manuelle?


J'ai fini par préférer le clavier, car ma vitesse de saisie (formation en secrétariat) permet à mes mains de suivre la cadence de mes neurones. J'ai le sentiment, littérallement, de sentir leur
présence fourmillante dans la pulpe de mes doigts.


Toutefois, lorsque je prends la plume écrite, je privilégie un feutre ou une plume. Oui! J'aime l'écriture "feutrée", de celle qu'on s'applique à former!


A bientôt Suzâme, profites bien de ta pause.

Suzâme 10/05/2012 17:36


Tout d'abord merci d'avoir fait ce magnifique pas de danse chez moi (le grand écart entre ton blog et le mien). Ton témoignage m'importait d'autant que je ne suis pas autant que je le souhaiterais
tes écritures. Je suis d'accord avec toi quand tu dis "suivre la cadence de mes neurones" pour avoir saisi parfois à l'aube des textes que je retravaillais en même temps, dans une sorte d'état
d'ivresse suscitée par la vitesse des doigts sur le clavier de la créativité. Il se passe quelque chose entre soi et l'écran qui est plus clair qu'un carnet, trop clair? Je lutte pour préserver ce
griffonnage intime et avant d'être agonisante, je brûlerai tout parce que nul ne se poserait sur ces feuilles que le temps aura jauni pas même une mouche aux aguets de mon trésor de tiroir. Je
réponds à quelques commentaires et Adios blogos! Cordialement.Suzâme


ABC 08/05/2012 21:36


P.S. J'ai toujours avec moi un petit carnet et un crayon, indispensable pour noter ou griffoner quelques mots qui passent... Je n'aime pas les voir s'envoler et ne plus les retrouver...