Lettre ouverte du 9 avril 2011 de Suzâme

Publié le 9 Avril 2011

Je viens de lire dans la tourmente et la contemplation un livret  intense et précieux de Michel Onfray. Pourtant, en ce qui me concerne, plutôt mourir que d'avoir «Recours aux forêts»comme le philosophe-poète et avant lui, son maître Démocrite.

 

Que le monde soit un enfer que seuls les hommes composent à coups de guerres et de pollution ! Qu'ils massacrent les roses, c'est-à-dire eux-mêmes, chairs de leurs chairs, leurs frères, même au coeur de ce parcours extrême de l'humanité,  je ne peux ni penser ni rêver me retirer de cette apocalypse à rebours à laquelle je participe passivement comme un oiseau voit et chante la terre du bout de sa branche, du bord de son péril.

 

Je retiens l'extase d'où je suis, du bout de mon âme, étrange regard qui frôle ce qui existe, des lointains paysages à la vie la plus accessible, l'arbre présent, les fleurs, leur beauté généreuse, l'être vivant à fleur d'arbre et ce firmament que j'aimante.

 

Ni le froid ni l'effroi de notre folie, ni l'absence d'un dieu universel ne m'éloigneront des êtres.

 

Ma cabane ne sera jamais au fond de la forêt même si j'avoue qu'elle se bâtit depuis l'enfance au fond de moi où que je sois.

 

Est-ce au fond de la solitude? D'un seul regard, rêve ou pleur, je me replie. Mais qui suis-je sinon de la même fibre que l'arbre qui résiste au temps et les fleurs épanouies sous le soleil malgré tout cet envers. Qui suis-je, sinon comme chacun de nous, je veux le croire à cet instant, un fragment de l'âme terrestre?

 

Suzâme

(9/04/11)

 

N.B. "Le Recours aux forêts - La tentation de Démocrite" - Michel Onfray - Editions Galilée

Rédigé par Suzâme

Publié dans #lettres ouvertes

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Anne Le Sonneur 09/04/2011 23:21



De mes songes, je retiens le rire du merle et le chant du  balai. Dans le trill du merle, il est un moment où il ne cherche plus de vocalise mais seuelemnt rit. Le balai de
randonnée (le bâton de randonnée) est celui d'Yves Leclair, un poète. Je crois en notre capacité de courir vers le pire, en notre même capacité d'accueillir l'essentiel. J'entends le chant
du merle, le murmure d'un enfant qui revit au-delà de la maladie. Au-delà de tout regard, je t'offre ces yeux-là d'un enfant de 6 ans heureux de vivre enfin !



Suzâme 15/04/2011 20:22



Bonsoir Anne,


J'ai lu ton beau message mais il me faillait un peu de temps pour y revenir car son contenu m'avait bouleversée. J'ignore si tu es aussi épistolière mais ton écriture fait mouche dans le coeur
sans minorer le style. Tu as probablement publié tandis que j'en suis à la dernière étape que je retarde, l'organisation d'un recueil. Merci pour ton passage. J'aime particulièrement nos
différences. Cordialement. Suzâme



Elo 09/04/2011 21:01



Je comprends ta position. Je n'ai pas lu Michel Onfray et je ne le lirai pas car cet homme ne m'inspire rien qui vaille!... (Pardon) ... Sinon, je comprends ce chemin intérieur bien plus précieux
qu'une fuite! Bises



Suzâme 16/04/2011 21:54



Bonsoir Elo,


Les interviews, les articles sur cet homme ne m'ont pas attirée vers lui. C'est mon amie Tibicine qui m'a prêtée ce livre "Le Recours aux forêts" qui sera peut-être le seul recueil que je
relirais, infiniment partagée entre le rejet de la première partie et la fusion temporaire avec la seconde. Toute seule, je n'aurais jamais ouvert ce livre en raison de l'idée que je me faisais
du philosophe bien qu'une partie de ses activités d'homme et de citoyen me semble intéressante. C'est bien le partage qui depuis ma jeunesse me fait avancée lentement et maintenant mûrement. Mes
rides après tout ne sont que des lignes d'écriture. A bientôt. Suzâme


 



Nina Padilha 09/04/2011 20:46



Personnellement, je deviens de plus en plus misanthrope.
Je te souhaite simplement une paisible soirée, ma belle.
.



Suzâme 16/04/2011 21:48



Bonsoir Lol,


La belle appelle le bois dormant et les arbres lui répondent. Malgré les déceptions, ce doit être ma nature, mon caractère, je vais, j'interpelle et propose... tout sauf être seule, même en
poésie. Je suis une vrai mule, belle, c'est toi qui le dit, c'est pourquoi je ne renonce jamais à l'impossible. Voilà pour ce soir. Que le sommeil t'apprivoise! Suzâme