La plume de Marilyn

Publié le 29 Mai 2011

Marilyn Monroe

«Fragments : poèmes, écrits, lettres»

Editions du Seuil

 

J’ai eu le bonheur de participer au petit-déjeuner de la Médiathèque Pierre-et-Marie Curie le samedi 28 mai et avec quelques amateurs de cette actrice mythique, j’ai été passionnée par les propos de la traductrice du recueil Tiphaine Samoyault. Voici quelques notes prises au vol mises entre guillemets lorsqu’ils viennent de son témoignage.

 

Ce livre a été édité pour la première fois en France puis fut traduit en sept langues à partir de la traduction française dont le travail assidu et littéraire n’avait qu’une seule origine, les manuscrits épars retrouvés par la seconde épouse du professeur de théâtre de la star, Lee Strasberg qui ne l’aura pas connue.

 

«Elle remplissait la page de façon étrange, dans tous les sens …» «Son rapport à la page : orthographe instable, erreur de syntaxe, confusion dans le vocabulaire, écriture difficile…»

 

A l’abordage des premiers fragments où Marilyn avait 18 ans, puis après lors de sa vie de couple avec Arthur Miller, la traductrice parle de «décryptage de ses écrits» tant elle se heurte à des difficultés d’interprétation.

 

«L’actrice est autodidacte et au début écrit ses textes avec un anglais non maîtrisé.»

«Au fil de ses fréquentations, de ses lectures, son écriture progresse. Elle s’autoforme et arrive à écrire des poèmes» de mieux en mieux construits. Ses textes sont variés et sont inachevés"

 

 Psychanalyse : «Elle allait voir son psychanalyste tous les jours». Lire « Marilyn, dernières séances» de Michel Schneider – Editions Folio

 

 Son écriture : «Elle écrit quand elle ne va pas bien. Quand elle se sent en insécurité" ce qui dénote «une absence totale de confiance en soi». «Elle écrit sur n’importe quel support, ce qui lui tombe sur la main». «Ce n’est pas une pratique égotiste mais un effort pour se dépasser elle-même, vaincre son destin».

 

La démarche, l’engagement de l’Editeur et de la traductrice Tiphaine Samoyault ont été de traiter volontairement ces fragments découverts comme des documents de littérature. Les journalistes critiques, essayistes ne s’y sont pas trompés. Lire l’article dans un récent numéro du Magazine Littéraire

 

Mon avis : Il ne peut être critique parce je n’étais qu’émotion en écoutant quelques extraits choisis, fragments d’une lucidité éblouissante. Le mythe de cette femme aux formes de Vénus nous avait caché son autre profil si cérébral la menant sans cesse à l’introspection, à partir de ses souffrances de ses attentes, de son exigence intime, et sans cesse à la recherche du dépassement. Hollywood avait enfermé cet être féminin dans son image de légende, ignorant qu’elle avait une étrange amie, sa plume de compagnie sans que nul ne s’y intéresse de son vivant.

Suzâme

(29/05/11)

Site à consulter pour plus d’information sur l’éditeur :

http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=88&cat=cinema

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Billets (Livres, cinéma, Théâtre, expo etc...)

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Tibicine 30/05/2011 20:14



Bonsoir Suzâme. La machine broyeuse qu'est l'industrie du cinéma n'existe pas pour révéler ses ressources mais bien pour les exploiter ; l'argent est le but de son existence. Il était si lucratif
d'emprisonner cette femme dans sa cellule charnelle, elle était si pure...Les anges meurent toujours ici-bas...Je vais me procurer ce livre pour toucher l'essence de son âme. Merci pour cet
hommage à Norma mais à la femme, à la reine. Tibicine



Suzâme 30/05/2011 22:20



Bonsoir Tibicine,


Ce livre est magnifique. Il contient les manuscrits de Marilyn et décrypte toute sa sensibilité. Certains passages ont mouillés mes yeux. C'était inévitable parce que tellement vrai, tellement
beau. Merci de ton témoignage. Suzâme



Nina Padilha 30/05/2011 07:56



Quand je fermerai les yeux, que deviendra ma plume ?



Suzâme 30/05/2011 22:22



Quelle question Nina! Ta plume est danseuse. Elle continuera d'écrire sur le grand livre qui vient après la vie. Est-il de marbre ou invisible comme l'éternité? Suzâme