Pour Lénaïg : Un signe

Publié le 5 Août 2012

 

«Ce matin-là,  je reçus une lettre d’un genre nouveau… » Enfin «reçus»… je la trouvai sur un banc près du quai comme si elle fut là,  pour moi seule.  Cette lettre, mon Dieu ! combien de fois relue, respirée, embrassée ? Plus jeune, je m’en serais tout simplement détournée ou encore j’aurais éclaté de rire au point de réveiller tout le dortoir de l'internat…  Je me souviens d’avoir eu peur à l’idée d’un signe ou d’un murmure. Il est vrai qu’on m’avait prévenu. Il suffirait d’un message et je ne pourrais pas refuser.

 

Et voilà, alors que je commençai ma vie d’adulte, traînant mes talons tordus sur l’asphalte, et dormant au hasard sous des abris propices avec quelques amis des bords de Seine, je me retrouvai comme illuminée,  cette lettre entre mes mains. J’appris par cœur chaque phrase qui m’interpellait comme si chaque mot m’invitait à une vie d’amour. En bas de la feuille,  je lisais et relisais cette fin magique  qui m’envoûtait : «amen», signée le Seigneur tout puissant pour les siècles des siècles…

 

Les yeux enfin fermés sur ma misère, je lui dirai moi aussi, «amen» pour une nouvelle vie pleine de lumière.

Mon pote complètement ivre lut le message et le mâcha bêtement puis exigea non sans furie, un acte qu’à ce jour, je ne regrettai pas «Retour à l’envoyeur». Heureusement, bien avant cette scène pitoyable, je répondis à mon Seigneur avec un zeste de rouge à lèvres.

Je ne regrettai jamais ma décision et souris encore de la réaction de Jo maintenant que je suis novice à plein temps au Monastère de la Visitation. Je file le parfait amour avec Jésus. Ah si vous saviez comme je bénis ce courrier alors que «je postai plus ce qui me parut une bouteille à la mer qu’une épître ».

 

Suzâme

(5/08/12)

 

N.B.1 Surtout excuser les fautes de conjugaison. L'introduction et la conclusion de ce texte étant au passé simple, j'ai eu beaucoup de difficulté à écrire ce témoignage. J'ignore qui est l'auteur de ces inducteurs.

N.B. 2 Lenaïg vient de m'apprendre que c'était Amélie Nothomb

 

 

Chez Lenaïg :http://leblogdelenaig.over-blog.com/article-jeux-d-ete-lenaig-108521448.html

Proposition C : commencer par :

"Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau" ...

et finir par :

"Je postai plus ce qui me parut une bouteille à la mer qu'une épître". 

 

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Propositions d'écriture, autres défis

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catiechris 17/08/2012 21:52


Moi je trouve cette histoire très belle et le temps ne me dérange pas... Je ne suis pas un grand écrivain ni une fana de grammaire..Alors je te mets un A pour ce texte, et cette foix inspirée
bien à propos.

Plume 15/08/2012 19:27


oh Suzâme, loin d'être insensible à ce texte, je réfléchis ... une révélation qui libère d'un joug et propulse dans la lumière de la foi ...


C'est un texte puissant, comme tu sais si souvent en écrire, je ressens en tout cas bien des choses que je ne sais pas exprimer.


Bisous, Plume .


 

Suzâme 17/08/2012 14:42



Ne pas trop comprendre ici, ce qui relève pour les uns de la foi et pour d'autres comme moi, de l'imagination. Le personnage et sa situation face au message dont je ne révèle pas le contenu
donnent aux lecteurs toute liberté de les compléter. C'est ce qui me plait d'ailleurs dans l'écriture de la nouvelle, un genre dans lequel je débute... Je t'embrasse. Suzâme



DI 14/08/2012 21:09


Bonjour Suzâme. Le mystère de la foi ne s'explique pas. Mais recevoir une lettre du Tout Puissant donnant un signe qui revient hanter la lectrice plus tard, est une chose qui m'épate, car sa
première lecture n'était que préliminaire à son destin qu'elle ne s'attendait pas de suivre. De plus, la novice La lecture de ce texte m'épate également. C'est une histoire où je ne m'attendais
pas à cette conclusion. Depuis, la novice du Monastère de la Visitation est heureuse à plein temps. C'est un beau texte (pas facile à faire) où la fin est bonne et belle.

Suzâme 17/08/2012 14:09



Cette histoire est étrange pour moi aussi. Au départ, je choisis les 2 phrases qui induiront le texte vers le thème du message. Je me les ai appropriées. Le sujet ? Quelle lettre importante?
Quelle message et pour qui? Pourquoi? la réponse est à imaginer par les lecteurs. La nouvelle comme le poème permet de ne pas tout révéler, tout expliquer... Je m'étais souvenu que dans mon
enfance, mon entourage chrétien composé de soeurs et de curés, nous disait au catéchisme, au patronage ou en colonie que nous pourrions très bien "être appelé(e)s par le seigneur. Enfant, c'était
ressenti comme une crainte, adolescent comme une appréhension parce qu'on choisit le vie, la liberté, l'amour dont on rêve déjà... Et là, tout en racontant brièvement ce que c'est qu'un "appel"
ou du moins comment, je l'interprète, j'ai souhaité dès que j'ai créé ce personnage féminin perdu dans la ville et dans l'existence, lui proposer ce chemin... C'est une fiction à qui je laisse
tous ses mystères... Merci de ta lecture si sensible... A bientôt, j'espère. Suzâme



M'amzelle Jeanne 14/08/2012 06:17


J'aime beaucoup l'idée de cette bouteille à la mer... et l'identité de l'expéditeur !


Très beau texte dans ce jeu d'été !


Je t'embrasse et te souhaite une merveilleuse journée !


Jeanne

Suzâme 17/08/2012 13:46



En plus, je laisse aux lecteurs le désir d'imaginer le contenu du message... Bon soleil ! Suzâme



Fathia Nasr 10/08/2012 08:15













Suzâme 12/08/2012 20:12



Merci Fathia. Bonne soirée douce et calme au coeur de l'été. Bisous. Suzâme