Battements d'elle (à une amie)

Publié le 5 Mai 2012

Noir.     Verrous.            Lueur.

Comme dans une penderie.

 

Comme dans une penderie.

Ne suis pas perdue ni pendue.

 

Noir.     Nuit.      Pliée.   Blême.

Ne suis ni vivante ni morte

Comme dans une penderie.

 

Noir.     Repliée.             Battements de tête.  

N’ai pas de sexe ni d’âge.

 

Suis folle du silence

Plus de regard ni de voix.

 

Qui m’isole dans sa géôle ?

Qui se fait mal et m’esseule ?

Qui me nie sans jamais me nommer ?

 

 

Comme dans une penderie

Noir.     Lit.         Couleurs.           Battements de corps.

 

 Qui prend ses habits un par un, chaque jour

Sans me voir, sans m’entendre ?

Jusqu’à quand ?

 

 

Noir.     Vie.       Couloir.              Battements de ton coeur...

 

Il se peut que nulle autre que votre âme n’ait été prisonnière dans la parenthèse d’un instant au goût de mort et d’infini, à ce point, isolée.

 

Suzâme

 

(5/05/12)

Rédigé par Suzâme

Publié dans #Ecrits intimes

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Evajoe 12/05/2012 13:44


Au vu de ce que tu écris habituellement je ne pense pas que tu parles de toi, j'opte donc pour quelqu'un qui t'es cher et qui est muré dans un silence  et tu aimerais surement l'en voir
sortir.


J'ai connu ce s moments douloureux avec un proche et on a la chance de pouvoir écrire pour poser des mots à leurs maux.


 


Ce que tu as fait est fort et émouvant.


 


Si en plus cela apporte à d'autres qui liront du réconfort alors tu auras fait un grand pas en avant et tu pourras aider cette personne davantage car souvent dans les commentaires on en tire de
belles choses et de grandes aides.


 


Bien amicalement


 


Bisous d'EvaJoe

Suzâme 26/05/2012 20:59



Le long silence d'un(e) ami(e) au téléphone est une sorte de mur contre lequel toute parole orale semble vaine. Alors tu as raison, contre cette impasse que j'espère temporaire mais si
déstabilisante, il y a l'écrit. Ici, en quelques instants, je me suis mis dans la tête d'un être qui ne parle pas, qui ne parle plus. Se croire, se sentir, pendant une fraction de temps
infime, celle de l'écriture d'un texte qui n'est pas un poème mais un cri intérieur, enfermer vivante. Merci de ta compréhension. Suzâme



Hauteclaire 08/05/2012 03:31


Je n'avais pas encore lu ce douloureux poème.


L'écriture comme une thérapie et un exutoire, je le sais bien.


Je comprends aussi ton sentiment d'impuissance, face à cette personne. Je lui souhaite que le temps adoucisse son noir intérieur ...


Gros bisous Suzâme

Suzâme 08/05/2012 18:52


Il est rare que je cède à ce point à ma tourmente. Je me suis imaginée dans sa tête. Pour moi, c'était aussi intenable que d'être séquestrée dans une penderie. Une métaphore qui fait de mal mais tu
as raison, exprimée ainsi, je me sens mieux bien que toujours très inquiète. Merci pour ton écoute. Bisous. Suzâme


mansfield 06/05/2012 16:21


Quand l'âme est à ce point emmurée, comment la sortir du silence et de l'aveuglement. Par l'écriture bien évidemment! Un bel instant capturé.

Olga guyot 06/05/2012 08:33


Bonjonur Suzâme,


Que j eme retrouve dans tous ces mots qui hurlent leur incompréhension, qui hurlent leur douleur....


Belle écriture que voilà.


Bisous


Fauvette

Erato :0059: 05/05/2012 21:39


Une solitude profonde qui fait souffrir .... Je t'entends bien  .... Bisous Suzâme

Suzâme 10/05/2012 17:06



J'ai imaginé la souffrance d'une proche qui ne me répond plus. Son enfermement pour quelques instants est devenu le mien. J'ai eu cette chance de m'exprimer. Merci de ton passage ici. Bisous.
Suzâme